«Trans time» : la toute première exposition collective trans à Montréal (PHOTOS)

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TRANS
Amos Mac
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Portées par l’urgence de rendre visible la culture trans et de la partager, Ianna Book, Marie-Claude G. Olivier et Virginie Jourdain ont monté en seulement trois semaines l’exposition Trans Time, qui réunit des artistes du Québec et de la scène internationale, du 25 septembre au 2 octobre à l’Espace créatif de la rue Parthenais.

Transsexuels, transgenres, inter sexes, two spirits, gender queer et travestis sont quelques-unes des nombreuses définitions de l’identité représentées par la culture trans. « Notre but est d’être le plus inclusifs possible pour n’oublier personne, souligne Marie-Claude G. Olivier. La culture trans est un ensemble de productions artistiques, de formes, de représentations et de revendications politiques par et pour les personnes trans. »

PAR des artistes dont certains sont trans, POUR représenter des thématiques trans, mais PAS seulement pour les trans. « On veut partager notre culture avec le grand public, précise Ianna Book, la commissaire de l’événement. On s’affirme fièrement en prenant des initiatives comme celle-là, en occupant un espace dans la société. C’est important de nous autoreprésenter comme l’ont fait les femmes, les Afro-Américains et les Premières Nations dans leur processus d’émancipation. Le concept n’est pas de rester entre nous dans un ghetto. On veut partager ce qu’on exprime. »

Les artistes de Trans Time utilisent la photographie, le dessin, la vidéo et la performance pour (re)définir leurs corps et leur identité dans l’imaginaire collectif.

Parmi les œuvres exposées, on retrouve une multitude de triptyques formés du tronc d’une femme, des jambes et de la tête d’un homme, ou complètement l’inverse. Une fête visuelle expérimentale imaginée par Leon Mostovoy, afin de célébrer les corps qui transcendent la binarité du genre. À sa façon, l’artiste américain illustre que le genre, le sexe, la sexualité, l’attirance et la manière de se représenter existent séparément et que la société ne devrait pas assumer que les humains sont limités à des versions prédéterminées par ces variables.

Un peu plus loin, on observe le scan d’une main à laquelle Raphaëlle Frigon a inséré une puce, avant d’encourager son entourage à se rendre sur un site web pour choisir l’identité qu’ils jugeaient la plus appropriée pour « elle ». L’artiste téléchargeait ensuite leurs réponses directement dans la puce afin d’assimiler littéralement leur signification.

À l’aide d’autoportraits, Ianna Book représente la condition précaire des transsexuels dans un monde rempli de préjugés et de violence. JJ Levine met en scène des couples où une même personne joue le rôle féminin et masculin, afin de remettre en question les représentations contemporaines des genres. On peut également visionner des projections vidéo de plusieurs artistes trans, dont celles de Zackary Drucker & Rhys Ernst, qui ont participé à la Biennale de Venise cette année.

Québécois ou internationaux, émergents ou établis, les artistes ont répondu en grand nombre à l’appel. « Au début, je voulais exposer avec deux ou trois artistes, mais la réponse a été forte, raconte Ianna Book. On pense déjà à un deuxième volet dans un espace plus grand et sur une plus longue période de temps. »

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