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Le discours de Stephen Harper aux Nations unies doit être suivi de gestes, selon d'ex-diplomates

24/09/2014 12:31 EDT | Actualisé 24/11/2014 05:12 EST
Peter Macdiarmid/PA Wire
Canadian Prime Minister Stephen Harper waits for the start of the morning session at the Nato Summit at the Celtic Manor Hotel in Newport, South Wales.

OTTAWA - Stephen Harper doit poser des gestes concrets dans la foulée du discours qu'il livrera aux Nations unies, ont plaidé mercredi d'ex-diplomates, formulant le souhait que le premier ministre n'ait pas accepté de s'y rendre à des fins purement électoralistes.

«Il y a toute une série de traités (...) où le Canada a cessé le processus de ratification ou l'a suspendu», a dénoncé Ferry de Kerckhove.

Alors si le premier ministre Harper se «réengage» aux Nations unies en prenant la parole devant son Assemblée générale jeudi soir, il doit le faire «sur tous les plans», a poursuivi celui qui a notamment occupé le poste de haut-commissaire du Canada au Pakistan.

Certes, l'ONU est mûre pour une réforme, ont soutenu quatre experts en politique internationale lors d'une conférence de presse à Ottawa.

Mais l'organisation internationale est toujours nécessaire au maintien de la paix et de la stabilité mondiales, et elle demeure celle à laquelle adhèrent le plus grand nombre d'États, ont-ils tour à tour fait valoir.

Pour contribuer à assurer sa pérennité, le Canada aurait avantage à mettre sur pied une division y étant entièrement consacrée au sein du ministère des Affaires étrangères, ont-ils suggéré.

Car dans les dernières années, le Canada a perdu de son influence dans le concert des nations, à un point tel qu'il n'est plus considéré comme un joueur important, a déploré M. de Kerckhove.

«Est-ce que le Canada véritablement est encore écouté? Non. Il y a un problème d'invisibilité, il y a un problème d'absence, et j'espère que l'arrivée du premier ministre demain (jeudi) au discours est un début», a-t-il laissé tomber.

Les ex-diplomates ont questionné les motifs derrière cette prise de parole à l'Assemblée générale, laissant entendre que l'allocution de Stephen Harper a été organisée à des fins «électoralistes», alors que les élections générales au pays se profilent à l'horizon.

Le dernier discours du premier ministre canadien devant l'Assemblée générale remonte à septembre 2010. L'année précédente, il avait quitté New York la veille de l'Assemblée générale pour assister à l'inauguration d'un Tim Hortons à Oakville, en Ontario.

Le chef libéral Justin Trudeau a semblé abonder dans le même sens: «Je crois que ce n'est pas surprenant pour personne d'avoir vu pendant huit ans comment ce gouvernement a agi», a-t-il laissé tomber lorsqu'on lui a demandé si l'opération avait une saveur électoraliste.

Les conservateurs sont «beaucoup plus préoccupés par le bien-être du Parti conservateur dans les élections qu'ils sont préoccupés par le bien-être des Canadiens», a-t-il poursuivi en point de presse au parlement.

Quant au chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, il a suggéré que son adversaire politique aurait droit à un accueil plus ou moins chaleureux dans la grande salle du siège de l'ONU.

«C'est le même Stephen Harper qui a traité les Nations unies de 'gang de dictateurs'. (...) Donc il peut bien y aller, mais les gens aux Nations unies se souviennent très bien de lui», a-t-il indiqué.

«C'est quelqu'un qui, au lieu de travailler sur une institution qui peut certes être améliorée, l'a critiquée vertement», a poursuivi M. Mulcair.

Les récriminations des partis d'opposition ont été accueillies avec une certaine dose d'ironie du côté du Parti conservateur.

«Donc, si je comprends bien, l'opposition nous critique lorsque le premier ministre ne prend pas la parole et elle nous critique lorsqu'il la prend? Ils ne savent pas sur quel pied danser», a écrit dans un courriel Carl Vallée, l'attaché de presse du premier ministre Harper.

Le chef conservateur profitera de la tribune mise à sa disposition pour soulever un dossier «qui lui tient particulièrement à coeur», la santé des mères et des enfants dans le monde, a poursuivi M. Vallée.

«Par ailleurs, il y a plusieurs dossiers internationaux sur lesquels le PM se prononcera comme le conflit en Ukraine et la menace que pose le groupe terroriste de l'État islamique», a-t-il spécifié.

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