POLITIQUE

Le Canada pourrait accroître son rôle militaire au Moyen-Orient, dit Harper

24/09/2014 04:06 EDT | Actualisé 24/11/2014 05:12 EST
Al Baraka News/AFP

NEW YORK, États-Unis - Le Canada va bientôt devoir peser le pour et le contre d'un rôle militaire accru au Moyen-Orient, a indiqué mercredi le premier ministre Stephen Harper.

Il a fait savoir qu'il avait récemment reçu une demande des États-Unis pour une contribution canadienne supplémentaire dans le combat contre les djihadistes de l'organisation État islamique, qui sèment la terreur en Irak et en Syrie.

«Nous devons avoir certains débats additionnels au sein de notre gouvernement», a-t-il dit mercredi lors d'une séance de questions-réponses à New York devant un public de gens d'affaires américains.

«Le gouvernement du Canada va prendre une décision à ce sujet très bientôt».

Lorsque questionné sur le possible engagement additionnel du Canada, M. Harper a refusé de donner plus de détails parce que le gouvernement américain «n'a pas rendu la lettre publique».

Le premier ministre a exprimé son appui à la campagne anti-djihadistes menée par les États-Unis.

Un responsable gouvernemental familier avec la requête a affirmé qu'elle n'impliquait pas des actions de combat.

M. Harper a déclaré que le monde ne pouvait permettre aux terroristes d'avoir des refuges sûrs comme dans l'est de la Syrie et dans l'ouest de l'Irak.

Un autre responsable gouvernemental, pas plus autorisé que le premier à parler publiquement du sujet, a dit que la requête des Américains faisait partie d'une progression naturelle des événements et n'avait pas causé de surprise au gouvernement.

«On a travaillé de très près avec les Américains, qui essaient de bâtir une coalition depuis un bon moment», a-t-il déclaré, sous condition que son anonymat soit conservé. «Nous avons participé à ces discussions.»

Ce responsable a de plus affirmé que le gouvernement canadien a toujours été clair sur le fait «qu'il serait prêt à en faire plus si des demandes étaient formulées».

M. Harper devra discuter plus en profondeur de cette requête avec son cabinet et avec les chefs des partis de l'opposition avant que des décisions soient prises, a ajouté ce responsable.

La discussion de mercredi entre M. Harper et le rédacteur en chef du «Wall Street Journal» s'est aussi aventurée dans les aspects sociologiques du combat contre le groupe État islamique.

Certains de ces terroristes qui possèdent des passeports de pays occidentaux peuvent à peine être qualifiés de musulmans; certains ne vont apparemment jamais à la mosquée, a déclaré M. Harper.

Il a aussi suggéré que l'hostilité du Moyen-Orient envers l'Occident n'avait rien de neuf. Il dit que cela a été une constante depuis l'époque des croisades. Ce à quoi le réputé rédacteur en chef, Gerard Baker, a répondu: «il avait un point au cours des Croisades».

Cela n'était qu'un léger aperçu de la conversation libre entre les deux hommes qui s'est tenue dans le district financier de New York, où Gerard Baker, a questionné M. Harper sur de nombreux sujets.

M. Harper s'est dit en désaccord avec la surveillance de masse, non sur le plan moral mais aussi sur le plan tactique, ajoutant que des moyens plus ciblés conrte le crime organisé est habituellement plus efficace.

M. Baker a mentionné la performance économique relativement forte du Canada mais aussi la relative faiblesse de certains secteurs de l'économie canadienne, outre celui de l'énergie, et a demandé si la récente performance économique canadienne ne s'était pas un peu essoufflée.