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Le transport du pétrole des sables bitumineux commence sur le Saint-Laurent

22/09/2014 06:07 EDT | Actualisé 22/09/2014 06:08 EDT
Radio-Canada

C'est le début d'une révolution dans le transport du pétrole brut sur le fleuve Saint-Laurent. Un navire pétrolier géant a jeté l'ancre dimanche après-midi à Sorel-Tracy. Il vient récupérer un chargement de pétrole brut issu des sables bitumineux.

Un texte de Thomas Gerbet

Le Minerva Gloria est un des plus gros navires à avoir circulé sur le Saint-Laurent entre Québec et Montréal : 250 mètres de long, 44 mètres de large (voir illustration ci-dessous). Il peut contenir des dizaines de milliers de tonnes de pétrole. Il y a encore un an encore, le fédéral interdisait des navires de plus de 32 mètres de large dans cette partie du fleuve.

« Je n'ai jamais vu ça », s'exclame Elias Harvey, qui vit à quelques pas du quai. De son salon, il peut voir, entendre, et même sentir le navire-citerne. Avec son appareil photo, il a voulu immortaliser ce moment.

Ce n'est pas le premier pétrolier à accoster devant chez lui, mais c'est le premier de cette taille, le premier qui va récupérer du pétrole des sables bitumineux et le premier qui va circuler sur le fleuve pour exporter son chargement de brut lourd. Jusqu'à présent, le pétrole brut venait surtout d'outre-mer et n'était destiné qu'à la consommation canadienne.

« Ça ne nous apporte rien, ça nous amène seulement le danger de polluer le fleuve », s'insurge le résident de Sorel-Tracy. « C'est un cadeau empoisonné, tout simplement ».

Depuis le mois de juillet, la pétrolière Suncor transporte son pétrole brut de l'ouest jusqu'aux réservoirs de Kildair, en traversant la Montérégie. Des citoyens inquiets s'y opposent. Monique Hains et le groupe Alerte Pétrole Rive-Sud manifestaient d'ailleurs dimanche à Boucherville : « Imaginez un déversement, c'est catastrophique. Le fleuve, c'est trois millions de personnes qui s'approvisionnement en eau potable ».

Double-coque

Dans un courriel, Suncor se fait rassurante. Elle rappelle que ses navires ont tous des doubles coques et elle affirme qu' « aucune propriété du bitume dilué n'augmenterait le risque pour le transport par rapport au brut lourd conventionnel ».

Le Canada met en place des mesures de contrôle de la qualité des navires et d'inspections parmi les plus vigilantes à l'échelle internationale. Le professeur de l'Université de Rimouski, Emmanuel Guy, titulaire de la chaire de recherche en transport maritime, considère que le système actuel est « sérieux », mais qu'il devrait être revu si le nombre de pétroliers et leur taille sont en croissance.

« Le risque est proportionnel au niveau d'activité. S'il y a des transformations et des augmentations de volumes transportés, il est important de s'ajuster au fur et à mesure et pas après coup. » — Emmanuel Guy, professeur spécialisé en transport maritime

Le Minerva Gloria quittera le quai en début de semaine. Selon nos informations, il prendra la direction du golfe du Mexique, une raffinerie en Louisiane ou au Texas. Entre 20 et 30 navires par année viendront récupérer des chargements de Suncor à Sorel-Tracy.

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