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Litige sur les contraventions : Montréal tente de s'entendre avec ses policiers

19/09/2014 06:27 EDT | Actualisé 19/09/2014 06:28 EDT
Le Huffington Post Québec

La Commission des relations du travail du Québec (CRT) entend depuis ce matin les représentants de la Ville de Montréal et de la Fraternité des policiers. La Ville a porté plainte contre le syndicat, disant constater une baisse du nombre de contraventions distribuées depuis le début du conflit sur les régimes de retraite.

Une première tentative de conciliation à huis clos, en avant-midi, pour tenter de régler le litige n'a pas été fructueuse. Vers 13 h 30, le président de la Fraternité des policiers est sorti pour dire qu'il n'y avait pas d'entente.

La Ville estime que les policiers utilisent des moyens de pression déguisés, exercés pendant les heures de travail. Elle dit constater une baisse de 35 % du nombre de constats d'infraction entre juillet 2013 et juillet 2014 et associe le phénomène aux moyens de pression des policiers. « On pense que cela a un lien direct avec des pressions en termes de relations de travail [en lien avec le projet de loi 3] », disait le maire Denis Coderre, jeudi.

De plus, la Ville affirme que des membres de la Fraternité des policiers procèdent à des mouvements non autorisés de véhicules. Pour l'employeur, pendant que les membres transfèrent les véhicules, ils ne remplissent pas leur mission.

Le président du syndicat des policiers s'est dit surpris de la plainte de la Ville, disant qu'aucune information ne lui avait été communiquée auparavant. Les arguments de la Ville n'ont d'ailleurs pas convaincu la Fraternité des policiers, vendredi.

« Nous, on a une très bonne défense. Il n'y a aucun mot d'ordre de la Fraternité par rapport aux contraventions », a dit ce midi Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, ajoutant que la conciliation se poursuivait cet après-midi. Il précise toutefois que le ton est plutôt cordial depuis ce matin.

« Ce que je trouve plate, c'est le climat de confrontation dans les relations de travail qui est en train de s'installer à Montréal. On dirait que des gens ne sont pas conscients que ça aura des répercussions pour les 5, 10, 15 prochaines années », a-t-il plus tôt aux journalistes.

À la suite de la rencontre à huis clos aujourd'hui entre les deux parties et un conciliateur, la Commission des relations du travail pourrait passer à une autre étape, soit celle des audiences publiques. Dans ce cas, un commissaire aurait un pouvoir de décision et pourrait donc désigner qui a tort et qui a raison dans ce litige.

Il y a quelques jours, la CRT a donné raison à l'administration Coderre dans le dossier du temps de réponse des pompiers montréalais. La Ville estimait que les pompiers répondaient plus tardivement aux appels depuis le début du conflit sur les régimes de retraite. La CRT a ordonné aux pompiers de Montréal « de répondre de façon normale et habituelle aux appels d'urgence ».

Denis Coderre pour les nuls