DIVERTISSEMENT

Télé-Québec: avant «SNL Québec», il y avait «Saturday Night Live»...

18/09/2014 04:43 EDT
Courtoisie Télé-Québec

La joyeuse bande de SNL Québec lance ce samedi sa série de rendez-vous mensuels avec, à sa tête, Normand Brathwaite comme animateur invité. Depuis plusieurs semaines, l’équipe de production se prépare dans le plus grand secret, mais impossible de deviner ce que contiendra cette nouvelle livraison comique.

Autour de quelle manchette rigolera-t-on? De quel sujet traitera Normand dans son monologue d’ouverture? Rencontrera-t-on de nouveaux personnages? Il a été annoncé que Lisa LeBlanc offrira l’une de ses nouvelles pièces, Gold Diggin’ Hoedown, mais, pour le reste, c’est mystère et boule de gomme. Réponse samedi, 21h, à Télé-Québec.

Ce qu’on sait, par contre, c’est que Normand Brathwaite est particulièrement à l’aise avec ce genre de formule alliant répartie, imitations et parodies. Souvenez-vous: dans les années 1980, le timonier de Belle et Bum était membre, avec Yvon Deschamps, Normand Chouinard, Pauline Martin et Michèle Deslauriers, de la troupe de Samedi de rire, un happening que Radio-Canada relayait le samedi, en début de soirée, et qui était ni plus ni moins qu’un dérivé de Saturday Night Live, avec sketchs drôles et artistes qui s’éclataient en folies. Les plus âgés ont peut-être encore en mémoire le tout premier épisode, au cours duquel Céline Dion, Jean-Louis Roux et Mad Dog Vachon avaient effectué une apparition.

Une institution

Josée Fortier est productrice au contenu et chef auteure de SNL Québec. Elle était aussi l’une des abeilles qui butinaient fort dans les coulisses de Samedi de rire. À l’époque, alors jeune adulte, elle travaillait en publicité, et son ami Yvon Deschamps lui avait passé un coup de fil pour savoir si elle était intéressée à se joindre à lui pour recréer Saturday Night Live à l’échelle du petit écran québécois. Ravie, elle voyait ainsi son rêve se réaliser et abandonnait son métier premier pour intégrer le monde de la télévision. Maintenant, imaginez sa joie, presque 30 ans plus tard, lorsque Fair Play et Zone 3 lui ont demandé de prendre les rênes de SNL Québec, adaptation formelle de ce concept qu’elle chérissait tant.

«J’ai souvent entendu des diffuseurs dire qu’ils cherchaient une émission à la Saturday Night Live, raconte la dame. Ils avaient ce désir de présenter un rendez-vous hebdomadaire, où on pourrait voir des sketchs qui riraient de l’actualité et de l’absurdité de la vie. On n’a pas les moyens que les Américains ont, mais le Bye Bye, c’est un peu ça.»

Aux États-Unis, Saturday Night Live est en ondes une fois par semaine et fait office de religion sur NBC depuis déjà 40 ans. Le canevas de cette fête du samedi soir n’a jamais été modifié: un animateur ou une animatrice vedette invité(e), des comédiens maison (qui sont souvent inconnus lorsqu’ils franchissent pour la première fois les portes du studio, et sont devenus des stars lorsqu’ils quittent le navire), des saynètes humoristiques qui se moquent de l’actualité de la semaine ou carrément imaginées de toutes pièces, des personnages qui finissent par s’inscrire dans la culture populaire, et un groupe ou un chanteur qui offre une prestation en milieu et en fin d’émission. Le tout, pendant 90 minutes, devant public et en direct.

Quantité de personnalités consacrées ont émergé de cette école incroyable qu’a été – et est encore – Saturday Night Live. «Les plus grands sont passés par là, note Josée Fortier. Le moindrement qu’un acteur sort du lot, il se retrouve à Hollywood.»

Quelques exemples? Dan Aykroyd, Chris Farley, Chevy Chase, Eddie Murphy, Will Ferrell, Bill Murray, Jimmy Fallon, Amy Poehler, Seth Meyers, Tina Fey, Rob Schneider, Andy Samberg, Chris Rock, Adam Sandler, Mike Myers et bien d’autres. Chez les animateurs, Steve Martin et Tom Hanks, entre autres, font partie du Five Timer’s Club, qui regroupe les privilégiés qui ont été les hôtes de SNL à plus de cinq reprises. Steve Martin a notamment renouvelé l’expérience une quinzaine de fois.

Évidemment, avec le temps, l’étoile de Saturday Night Live a un peu pâli, mais le rassemblement est encore une institution et constitue toujours une belle pépinière de talents. De plus, il n’est pas rare d’apercevoir des visages connus faire irruption dans un segment, en surprise, le temps d’une visite éclair, d’un caméo, comme on dit couramment. Josée Fortier n’écarte pas la possibilité d’exploiter l’idée dans SNL Québec cette année. Gardez l’œil ouvert, des invités inattendus pourraient se faufiler dans les décors.

Chez nos voisins du Sud, une douzaine d’acteurs maison se partagent l’affiche de Saturday Night Live d’une semaine à l’autre. Ici, Mathieu Quesnel, Léane Labrèche-Dor, Phil Roy, Virginie Fortin, Pierre-Luc Funk et Katherine Levac sont de presque toutes les scènes. «Nous, c’est la course pour les changements de costumes!», s’amuse Josée Fortier.

Numéros mythiques

L’un des éléments qui a contribué à la renommée de Saturday Night Live, c’est la force des différents scénarios joués par les interprètes, dont plusieurs sont devenus mythiques avec le temps.

«Michel St-Cyr, le producteur, voulait aller chercher les droits de SNL pour pouvoir utiliser leur façon de faire et avoir accès à leur banque de textes. En 40 ans, plusieurs sketchs sont devenus des classiques, on en parlait dans les journaux, dans le magazine Rolling Stone, le bouche à oreille faisait son œuvre et, quand YouTube est arrivé, on a redécouvert ces vieux sketchs. Il y en a plusieurs qu’il valait la peine d’adapter», explique Josée Fortier.

L’an dernier, dans les deux premières moutures de SNL Québec, pilotées par Louis-José Houde et Stéphane Rousseau, trois numéros avaient été pigés dans le répertoire original de Saturday Night Live: ceux de Dick In A Box, des boissons énergisantes Bepca pour conjoints d’actrices et des Schweddy Balls, ces boules en chocolat que des animateurs de radio communautaire dégustaient en enfilant les blagues à double sens.

«Nous, on a environ 12 sketchs par émission, et on se permet d’en adapter un ou deux de Saturday Night Live à chaque fois. Souvent, on demande aux animateurs invités si un moment de SNL les a marqués, lequel ils aimeraient faire.» Normand Brathwaite a-t-il mentionné une préférence en ce sens? «Oui, mais je ne dis pas lequel», badine Josée Fortier.

Les autres portions de SNL Québec sont pondues par un bataillon d’auteurs formé de Mathieu Bouillon, Érik K.Boulianne, Lelouis Courchesne, Gabriel D’Almeida Freitas, Mickaël Gouin, Sébastien Ravary, Philip Rodrigue et Julien Tapp. Ces derniers peaufinent leurs écrits jusqu’au mercredi précédant la diffusion et, le jeudi, les répétitions intensives commencent et se poursuivent jusqu’au samedi. On écrit les «Nouvelles SNL» à la toute dernière minute pour être collé le plus possible à l’actualité.

On ne peut rien dire de plus sur l’édition de SNL Québec de samedi, mis à part qu’on pourrait peut-être renouer avec la Paige Beaulieu de Katherine Levac. Mais Josée Fortier n’en est pas certaine, puisque l’attachante courriériste du cœur anglophone a présenté un prix au Gala des Prix Gémeaux, avec Louis-José Houde, la semaine dernière. Et puisqu’il ne faudrait pas surexposer les personnages les plus attachants…«Paige est peut-être trop occupée avec ses Gémeaux», ricane Josée Fortier.

SNL Québec, animé par Normand Brathwaite, ce samedi, le 20 septembre, à 21h, à Télé-Québec. La veille, vendredi le 19, à 22h, on diffusera un spécial sur les coulisses de cette grosse machine. Le 18 octobre, le deuxième SNL Québec de l’automne sera chapeauté par Antoine Bertrand.

SNL Québec - 20 septembre