DIVERTISSEMENT

«21 jours» à TV5 : trois semaines dans la peau d'un autre

18/09/2014 09:03 EDT | Actualisé 18/09/2014 10:31 EDT
Courtoisie TV5

TV5 propose, à compter de ce soir, la fascinante série 21 jours, dans laquelle les journalistes Hugo Meunier, Eza Paventi et Myriam Fehmiu ont tenté l’expérience de se glisser dans la peau d’une autre personne, dont le quotidien est différent de celui de la majorité des gens, pendant exactement 21 jours. 21 jours, parce que plusieurs études prouvent que c’est le laps de temps nécessaire pour abandonner nos habitudes et s’en créer de nouvelles.

Les «cobayes» du documentaire ont pleinement joué le jeu, en se défaisant de tous leurs repères, en s’investissant entièrement et en ne tentant pas de trouver des raccourcis pour se faciliter la tâche. Hugo a vécu comme s’il était itinérant et s’il vivait sur une ferme, Eza a travaillé avec des enfants autistes, s’est déplacée uniquement en fauteuil roulant et a œuvré dans une résidence pour personnes âgées, tandis que Myriam a été aveugle, a vogué sur un bateau de pêche, s’est établie sur une réserve amérindienne et s’est introduite au sein du personnel de la SPCA. Chaque épisode d’une heure expose les principaux faits saillants de chacune de ces immersions, une à la fois. Et le résultat est très réussi. On arrive sans peine à imaginer les tourments que les trois reporters ont dû endurer pendant ce séjour hors du commun, et comment celui-ci a dû les marquer et même, peut-être, les transformer.

Vivre dans la rue

Ce jeudi, à 21h, on présente le chapitre consacré à l’itinérance. D’entrée de jeu, Hugo Meunier vide ses poches dans un poste de police qui deviendra son lieu de repos temporaire lors des moments difficiles. Il y reviendra régulièrement pour se confier aux agents et faire le point sur son aventure. Par contre, pour ce grand départ, il doit vider ses poches et laisser sur la table son portefeuille, son cellulaire, son trousseau de clés et ses autres babioles. On ne le laisse emporter avec lui qu’un paquet de cigarettes, un billet de 20$ et une photo de ses enfants.

Rapidement, il apprendra à quêter dans la rue, apprivoisera la vie dans les refuges, auprès d’hommes souvent malpropres, alcooliques et toxicomanes. Au bout d’une dizaine de jours à la Mission Old Brewery, il pliera bagage, écoeuré de se faire réveiller une vingtaine de fois par nuit par les ronflements incessants de ses colocataires, leur toux et leurs odeurs nauséabondes. Il se risquera à passer une nuit dans la rue, se déplaçant d’un endroit à l’autre pour parvenir à s’assurer d’un minimum de confort, de chaleur et de sécurité, s’allongeant sur un banc de la station de métro Bonavanture, avant de finalement aboutir dans un établissement de restauration rapide ouvert 24 heures, qui accepte les vagabonds qui se tiennent tranquilles.

Sur son chemin, il croisera aussi des êtres qui ont consciemment choisi l’itinérance comme mode de vie. C’est le cas d’Enrique, 29 ans, qui campe sur les trottoirs depuis une dizaine d’années. Le garçon a arrêté l’école à l’âge de 12 ans, occupe ses journées à consommer et refuse d’utiliser les ressources mises à la disposition des moins nantis, parce qu’il tient à ses paradis artificiels.

L’hiver, il brave le froid armé d’un chandail de laine, deux manteaux et trois paires de pantalons. Et ne lui parlez pas de retourner dans sa famille. «Ma mère, c’est une chienne, mon père, c’est un trou de cul», grognera-t-il.

Par contre, Emilio, un homme de 52 ans natif du Chili, installé au Québec depuis 29 ans, avec qui Hugo échangera à la Maison du Père, est, de son côté, déterminé à s’en sortir. Autrefois bien intégré à la société d’ici, l’immigrant a tout perdu dans son divorce, ce qui l’a mené à une grave dépression. Dépossédé de tous ses biens, Emilio a été contraint de dormir sous des ponts et a très mal accepté de se faire juger par les regards extérieurs. Son témoignage est bouleversant.

Ceci dit, Hugo Meunier s’adaptera peu à peu à sa condition d’itinérant. Il ira jusqu’à tracer le bilan, au 21e jour, que celle-ci s’est finalement avérée «moins rock’n’roll» que ce qu’il aurait cru au début, et que son périple a fait tomber quelques-uns de ses préjugés. Il y a fort à parier que vous penserez à peu près la même chose en observant sa démarche.

21 jours, le jeudi, à 21h, à TV5, dès aujourd’hui, 18 septembre. En rediffusion le samedi, à 19h et le lundi, à 13h.

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