POLITIQUE

La tension monte entre le ministre Barrette et les médecins spécialistes

16/09/2014 12:44 EDT | Actualisé 16/09/2014 12:50 EDT
PC

Un affrontement se dessine entre Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) dans le dossier de l'étalement de leur hausse salariale. L'étalement de ces hausses salariales, qui achoppe présentement, constitue l'une des pierres angulaires du retour à l'équilibre budgétaire préconisé par le gouvernement du Parti libéral du Québec (PLQ) pour l'exercice 2015-2016.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, doit parvenir à une entente avec les deux fédérations de médecins - la FMSQ et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) - afin d'assurer à son gouvernement un retour à l'équilibre budgétaire dans les délais souhaités. Or, les négociations s'enveniment avec la FMSQ pendant que les membres de la FMOQ semblent disposés à faire des concessions.

Le ministre Barrette déplore l'attitude « dogmatique, sur les principes » de la FMSQ, son ancienne fédération. « Aucune proposition de la FMSQ n'a dépassé le [cadre du] mandat [du gouvernement] et depuis la première séance de négociations on leur explique que c'est impossible », a déploré M. Barrette.

Le ministre Barrette affirme qu'il doit étaler une somme de 1,2 milliard de dollars de façon à respecter l'équilibre budgétaire. Il souligne que les exigences de la FMSQ - de limiter l'étalement des hausses salariales à l'intérieur de l'exercice du mandat de quatre ans du gouvernement - forceraient le gouvernement à retourner à un déficit budgétaire de l'ordre d'un milliard de dollars l'année suivant l'atteinte du déficit zéro.

« Les médecins spécialistes ne prennent pas en considération la difficulté budgétaire de la société québécoise et ils ne sont pas prêts à faire les concessions nécessaires pour nous permettre de revenir à l'équilibre budgétaire », poursuit-il en déplorant qu'ils veulent la totalité des hausses promises, et ce, au cours du prochain mandat gouvernemental.

« Ça [les exigences de la FMSQ], c'est le beurre, l'argent du beurre, la vache, la laitière, la ferme, là. On ne peut pas tout avoir dans la vie. » — Gaetan Barrette

La FMSQ aurait même mis le ministre au défi de présenter une loi spéciale, selon M. Barrette. « Vous verrez bien ce qui va se passer dans les quatre prochaines années », auraient prévenu les représentants de la FMSQ.

Double négociation

Le ministre Barrette estime que la population refuserait de se soumettre aux sacrifices nécessaires à l'atteinte de l'équilibre budgétaire en 2015-2016 pour ensuite retomber en déficit l'année suivante en raison du refus des médecins spécialistes de négocier.

Satisfait des négociations avec la FMOQ, le ministre Barrette avance qu'il pourrait traiter les deux dossiers de façon différente si la FMSQ persiste dans cette voie. « Je ne vous dis pas qu'elle fait tout à fait mon affaire [la proposition de la FMOQ], mais la FMOQ a fait un bout de chemin significatif », explique-t-il. « C'est le premier en quatre mois. »

« Il y a toujours eu deux négociations parallèles, explique le ministre Barrette. Jusqu'à hier, elles étaient similaires, explique-t-il. C'est-à-dire que les deux fédérations se parlaient et, à partir d'hier, les deux fédérations ont pris des chemins différents. » Le ministre souligne qu'il pourrait très bien s'entendre avec la FMOQ et imposer une loi spéciale à la FMSQ.

Un trou de 500 millions creusé par le PQ

Le ministre Barrette accuse également le Parti québécois d'avoir généré une dette de 500 millions de dollars, comprise dans le 1,2 milliard dû aux médecins, compliquant la situation de l'étalement de l'entente avec les médecins. « Je suis arrivé en poste avec une dette envers les fédérations, [dette] construite par Stéphane Bédard [chef intérimaire du PQ] », a ajouté M. Barrette.

La dette de 500 millions attribuée au PQ ajoutée aux 700 millions de dollars en augmentations salariales à étaler au cours des prochaines années (2014-2017) explique la taille du problème du ministre.

Ironie du sort, c'est M. Barrette lui-même qui a négocié l'entente de la FMSQ - à titre de président de la fédération - qu'il tente aujourd'hui d'étaler dans le temps. Le ministre estime qu'il est désormais inutile de rencontrer la fédération - « on a fait le tour du sujet », estime-t-il - mais il lui demande de soumettre une nouvelle proposition. « Tout peut aller très vite », avance M. Barrette. « Cette situation peut se régler au cours des prochains jours, des deux côtés. »

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

11 controverses du gouvernement Couillard