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Kiev accuse Poutine de vouloir reconquérir l'Ukraine

13/09/2014 09:08 EDT | Actualisé 13/09/2014 09:08 EDT
MIKHAIL KLIMENTYEV via Getty Images
Russia's President Vladimir Putin attends a meeting in the Kremlin in Moscow, on May 5, 2014. German Chancellor Angela Merkel said yesterday Putin and OSCE head Didier Burkhalter are expected to discuss establishing a 'national dialogue' in Ukraine ahead of elections when they meet in Moscow on May 7. AFP PHOTO/ RIA-NOVOSTI/ POOL /MIKHAIL KLIMENTYEV (Photo credit should read MIKHAIL KLIMENTYEV/AFP/Getty Images)

L'objectif du président russe Vladimir Poutine est de détruire l'Ukraine en tant qu'état indépendant et de reformer l'Union soviétique, a déclaré samedi le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk.

Lors d'une conférence réunissant des parlementaires et des hommes d'affaires ukrainiens et européens à Kiev, le chef du gouvernement a souligné que le cessez-le-feu, entré en vigueur il y a une semaine entre forces gouvernementales et séparatistes soutenus par Moscou, était globalement respecté, mais qu'il n'avait rien réglé.

« Nous sommes toujours en état de guerre et notre principal agresseur est la Fédération russe. [Vladimir] Poutine veut entretenir un nouveau conflit larvé » dans l'est de l'Ukraine pour déstabiliser durablement le pays, a accusé Arseni Iatseniouk.

Le premier ministre a estimé que les ambitions de la Russie ne se limitaient pas à la Crimée, annexée au mois de mars, ni même aux régions russophones de l'est de l'Ukraine.

« Son objectif est de conquérir la totalité de l'Ukraine et de reformer l'Union soviétique (...) La Russie est une menace pour la paix mondiale et pour la sécurité de toute l'Europe », a-t-il affirmé.

Seule l'OTAN est en mesure de protéger l'Ukraine face aux ambitions russes, a ajouté Arseni Iatseniouk, qui s'est toutefois dit conscient que Kiev ne pourra pas adhérer à l'Alliance atlantique à court terme.

« La Russie bluffe »

À défaut de parapluie militaire, le chef du gouvernement s'est félicité des nouveaux trains de sanctions économiques contre Moscou dévoilés vendredi par l'Union européenne et les États-Unis.

Il a estimé que ces mesures visant notamment les secteurs bancaire et pétrolier frapperont bien plus durement l'économie russe que ce que prétend le Kremlin.

« La Russie bluffe quand elle dit qu'elle ne se soucie pas des sanctions », a-t-il estimé.

Arseni Iatseniouk a assuré aux hommes d'affaires assistant à la conférence que son gouvernement faisait tout son possible pour lutter contre la corruption et créer des conditions favorables à l'investissement.

« Mais il est très difficile d'attirer les investisseurs quand vous avez des chars et de l'artillerie russes dans votre pays », a-t-il relevé.

Le premier ministre s'est par ailleurs félicité du report de l'entrée en vigueur de l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne jusqu'à la fin 2015 - une décision perçue par certains comme un succès diplomatique pour Moscou - en estimant que l'économie ukrainienne avait besoin de plus de temps pour se préparer à faire face à la libre concurrence.

« Nous avons obtenu une période de grâce. L'UE nous ouvre son marché, mais [l'économie de] l'Ukraine reste protégée, donc pour l'Ukraine, ce n'est pas un mauvais accord », a-t-il souligné.

L'Ukraine, déchirée entre l'Est et l'Ouest. Notre dossier

Nouvelles violences sur le terrain

En dépit de la trêve, Kiev a affirmé samedi avoir repoussé un assaut rebelle contre l'aéroport de Donetsk dans l'Est séparatiste prorusse.

Un journaliste de Reuters rapporte d'ailleurs que de violents tirs d'artillerie ont retenti près de l'aéroport, au-dessus duquel s'élevait un panache de fumée noire.

Cet assaut constituerait l'une des plus importantes violations du cessez-le-feu conclu il y a un peu plus d'une semaine entre Kiev et les rebelles prorusses.

En outre, un porte-parole ukrainien a déclaré qu'un soldat a été tué au cours des dernières 24 heures dans l'Est, ce qui porte à six le nombre de morts dans les rangs ukrainiens depuis le début de la trêve.

Arrivée d'un deuxième convoi humanitaire russe

Entretemps, la moitié des camions d'un deuxième convoi d'aide humanitaire russe à destination de l'est de l'Ukraine sont arrivés à Louhansk, un des deux bastions des rebelles séparatistes, selon ce que rapportent les médias russes.

Selon l'agence RIA Novosti, une centaine de camions sont arrivés dans la matinée et une centaine d'autres sont attendus dans la journée.

Le convoi transporte 1880 tonnes de produits de première nécessité, dont des conserves, du sucre, de la farine et des groupes électrogènes diesel, selon RIA Novosti.

En août, l'Ukraine et ses alliés occidentaux avaient dénoncé l'entrée d'un premier convoi russe sur le territoire ukrainien sans l'accord de Kiev ni du Comité international de la Croix-Rouge qui devait à l'origine superviser la distribution de l'aide.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait alors annoncé que Moscou entendait envoyer un deuxième convoi, sans donner de date.

Chronologie de la crise en Ukraine