DIVERTISSEMENT

À 73 ans, le réalisateur Denys Arcand ne songe pas encore à la retraite

13/09/2014 01:08 EDT | Actualisé 13/11/2014 05:12 EST
ASSOCIATED PRESS
French-Canadian director Denys Arcand, whose latest film "The Barbarian Invasions" indirectly takes its title from the Sept. 11 attacks, poses for a photo Nov. 10, 2003, in Los Angeles. The film incorporates footage of the second plane hitting the World Trade Center followed by a historian's comparison of the attacks to the "barbarian invasions" that chipped away at the Roman Empire. (AP Photo/Nick Ut)

TORONTO - Le réalisateur montréalais oscarisé Denys Arcand ne peut se faire à l'idée de prendre sa retraite. «Ma femme ne me le permettra pas, tout comme ma fille», a déclaré, rieur, l'homme de 73 ans lors d'une entrevue donnée en marge du Festival international de films de Toronto, où était projeté son drame «Le règne de la beauté».

«J'ai une fille de 18 ans dont je dois prendre soin, alors au lieu de rester à la maison et ne rien faire, j'écris des scénarios et, éventuellement, je les tourne.»

Le film, mettant en vedette Éric Bruneau, qui joue le rôle d'un architecte québécois reconnu trompant sa femme dépressive (Mélanie Thierry) avec une collègue de Toronto (Mélanie Merkosky), survient sept ans après le dernier long-métrage d'Arcand, «L'Âge des ténèbres».

Le réalisateur disait à l'époque qu'il prévoyait tourner un seul autre film en se basant sur ses souvenirs d'enfance, puis prendre sa retraite en Europe. Plusieurs facteurs se sont cependant interposés entre lui et cet objectif.

«Je suis marié à une productrice bourreau de travail, alors elle bosse constamment, et ma fille a besoin d'amour. Alors plutôt que de ne rien faire, je préfère tourner des films. Et c'est quelque chose que je peux faire.»

«Je reste donc à Montréal et je tourne des films, ajoute-t-il en rien, au lieu d'aller en Italie et de passer mes hivers en Espagne.»

En plus, il dit s'amuser. «Au fond de moi, c'est probablement parce que j'aime ça. En tournant ce film, j'ai ressenti la même excitation que lorsque j'ai fait mon premier long-métrage, à 25 ans ou quelque chose comme ça.»

Quant à son idée de tourner un film parlant de son passé, il a «travaillé là-dessus», mais le tout n'a pas abouti. «Pour que votre enfance soit intéressante, elle doit avoir été misérable, je pense. La plupart des histoires d'enfance intéressantes — si vous pensez à Dickens et toutes ces histoires terribles — concernent des gens très malheureux dans leur enfance. Même le célèbre film de (Ingmar) Bergman, 'Fanny et Alexandre', raconte l'histoire d'une enfance très malheureuse.»

«J'ai eu l'enfance la plus heureuse que vous pouvez imaginer, alors où allez-vous à partir de ça? Qu'est-ce que je vais raconter? Ce serait ennuyant en maudit», poursuit Arcand en éclatant de nouveau de rire.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

Tapis rouge - Première du film «Le règne de la beauté», de Denys Arcand