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Philippe Falardeau lève son chapeau à Reese Witherspoon pour «The Good Lie» (VIDÉO)

09/09/2014 11:15 EDT | Actualisé 10/11/2014 05:12 EST

Pour le réalisateur Philippe Falardeau, dont le dernier film The Good Lie est présenté en première mondiale au Festival du film de Toronto (TIFF), intégrer une vedette telle que Reese Witherspoon à sa distribution a présenté un défi artistique.

Parce la jeune femme au visage bien connu n'apparaît qu'après une demi-heure, M. Falardeau s'inquiétait de l'effet que cela aurait sur le spectateur.

«Je m'inquiétais, car je me demandais si on se dirait 'Wow! soudain on est à Hollywood'», a-t-il confié en entrevue en anglais, à Toronto.

Mme Witherspoon, qui tient également la vedette dans le dernier film d'un autre Québécois, Jean-Marc Vallée, incarne dans The Good Lie une conseillère en emploi qui aide quatre réfugiés politiques soudanais à s'acclimater à la vie nord-américaine. Le drame est inspiré de faits réels.

Arnold Oceng, Ger Duany, Emmanuel Jal et Kuoth Wiel jouent ces réfugiés de la guerre civile. L'histoire porte principalement sur eux, davantage que sur le personnage de Reese Witherspoon, ce que M. Falardeau a eu du mal à concilier.

Pour y parvenir, il a notamment demandé à l'actrice de teindre ses cheveux blonds en brun. Cependant, c'est réellement son travail d'artiste qui a servi le réalisateur.

«Sur le plateau, vous comprenez rapidement pourquoi ces gens sont des vedettes, et je le dis de manière positive. C'est parce que vous regardez l'écran de la caméra et elle l'illumine. (...) Vous pouvez lui donner cinq directives différentes en même temps et elle les intégrera très, très rapidement.»

Sa renommée a également été une bonne carte de visite. Dès que son nom a été ajouté à la distribution, le film s'est vendu dans 50 pays, avant même qu'une scène ne soit tournée. «Cela signifiait qu'on allait être capables de faire le film», a raconté Philippe Falardeau, qui a trouvé «fascinant» de travailler avec l'actrice.

«C'est très spécial pour une star de sa trempe de dire 'oui' à un personnage secondaire. (...) Elle est définitivement au service de l'histoire et elle l'a su dès le début. Je lui lève mon chapeau pour cela.»

Toutefois, il a laissé entendre que les studios Warner Brothers ne voyaient pas les choses de la même façon en prenant la décision de mettre l'actrice en gros plan sur l'affiche, même si elle n'occupe qu'une place secondaire.

Le réalisateur de Monsieur Lazhar ne pouvait pas commenter davantage ce petit différend. «J'ai dit ce que j'avais à dire à Warner Brothers. Pour eux, les avantages (de mettre un nom connu en évidence) pèsent plus que les inconvénients», a-t-il expliqué, ajoutant du même souffle être très reconnaissant envers les studios.

L'histoire des réfugiés, pour lui, méritait d'être vue partout dans le monde, et Warner Brothers lui a permis d'accomplir cela, mieux que sa boîte de distribution québécoise ne l'aurait pu si le film avait été produit entièrement au Québec. Il s'intéresse au Soudan depuis qu'il a visité le pays en 1994.

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