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La mère d'un djihadiste canadien veut «déradicaliser» les jeunes

10/09/2014 06:09 EDT | Actualisé 10/09/2014 06:10 EDT
Radio-Canada

La mère de Damian Clairmont, cet homme de Calgary tué en Syrie après s'être rallié à un groupe djihadiste en janvier, a décidé de lancer un programme pour contrer la radicalisation des jeunes hommes et femmes au Canada.

Christianne Boudreau explique qu'elle en avait assez d'attendre après le gouvernement canadien. En quête de réponses sur la radicalisation de son fils, elle a écrit à maintes reprises au bureau du premier ministre Stephen Harper, au chef de la police de Calgary et au dirigeant du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Elle leur a, entre autres, demandé pourquoi personne ne l'a informée du fait que le SCRS surveillait l'extrémisme grandissant de son fils. « Si mon fils était surveillé pendant deux ans parce qu'on soupçonnait qu'il collaborait avec une organisation terroriste potentielle, comment a-t-il pu obtenir un passeport deux mois avant son départ du Canada? », s'interroge-t-elle dans une lettre.

Mme Boudreau affirme avoir tenté de communiquer avec d'autres parents au Canada, pour parler de sa peur et de son sentiment de culpabilité pour les actes de son fils. Elle sait qu'elle n'est pas le seul parent au pays dont le fils a rejoint l'islam radical et la lutte armée à l'étranger.

Comme elle n'a reçu aucune réponse dans son pays, elle indique s'être tournée vers l'Europe. La Canadienne a alors fait la connaissance de Dominique Bons, de Toulouse, en France, dont le fils Nicholas a suivi le même parcours que Damian. Nicholas a aussi trouvé la mort en Syrie, dans les rangs de l'État islamique toutefois, aux côtés de son demi-frère Jean-Daniel.

Mmes Boudreau et Bons ont décidé de former un groupe international de mères de djihadistes. Elles partagent leurs connaissances et exercent des pressions sur leur gouvernement respectif pour qu'ils agissent.

À la suite d'une rencontre à Berlin, Mme Boudreau projette de créer le chapitre canadien de l'organisme allemand Hayat, qui aide les familles à « déradicaliser » les jeunes hommes et femmes. Le groupe Hayat s'est lui-même inspiré de l'organisation Exit, qui vise à décourager les néonazis et qui connaît du succès.

Mme Boudreau explique qu'il lui faut trouver les fonds, mais qu'elle a déjà plusieurs contacts. Elle a communiqué avec des gens qui travaillent auprès des jeunes et avec des mosquées de Calgary. Elle fait aussi une allocution jeudi prochain durant une conférence qui réunira la police, des leaders communautaires et des familles.

Des membres des forces de l'ordre du Canada ont aussi rendu visite à Hayat il y a quelques mois, a appris CBC. Des sources indiquent qu'une personne en particulier étudie des programmes des Pays-Bas, du Danemark et d'ailleurs qui font appel à des djihadistes revenus au pays et qui ont abandonné l'idéologie radicale pour convaincre leurs compatriotes à rejeter l'extrémisme.

De son côté, la Gendarmerie royale du Canada est en contact avec la police britannique. Les lois de la Grande-Bretagne concernant les jeunes extrémistes sont plus sévères et le gouvernement mène régulièrement des campagnes d'information.

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