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«Les Chefs! La revanche» : Hakim savoure sa victoire

09/09/2014 09:48 EDT | Actualisé 09/09/2014 09:48 EDT
Courtoisie Radio-Canada

Plusieurs l’avaient prédit : c’est Hakim Chajar qui a remporté, en finale, lundi, la cinquième saison des Chefs!, à Radio-Canada. Celui qui avait frôlé de peu la victoire en 2012 en terminant deuxième derrière Dominic Jacques a superbement vengé son honneur dans cette édition «revanche» du jeu culinaire, s’attirant des éloges à toutes les semaines sur son talent et son savoir-faire.

Pour leur ultime défi, au dernier épisode, les trois finalistes, Hakim, Jonathan Rassi et Isabelle Deschamps-Plante, avaient le mandat de concocter en cinq heures un repas trois services inspiré de la cuisine de Paul Bocuse, désigné comme le «chef du siècle» et le «pape de la gastronomie française». En plus de la soupe VGE, Hakim a apprêté un navarin de homard et un pigeon aux petits pois verts et lardons. Le cuistot n’était pas du tout satisfait de son pigeon en le tendant aux juges Normand Laprise, Pasquale Vari, Jean-Luc Boulay et l’invité spécial Laurent Godbout, mais, surprise! Le panel a vanté avec sincérité la cuisson parfaite de la viande. Plus tard, au moment de justifier le choix du gagnant, Normand Laprise a parlé de la rigueur, de la constance, de la technique parfaite d’Hakim. «Tu as travaillé comme un chef doit travailler», a souligné le «père» du Toqué!

Hakim a donc clôt sa grande aventure aux Chefs! en repartant avec deux bourses de 10 000$, un voyage gastronomique en France et au Québec et une voiture Chrysler, tandis que sa consoeur Isabelle, bonne deuxième, a mis la main sur deux bourses de 5000$ et un voyage de découverte des brasseries d’États-Unis et d’Europe, et son confrère Jonathan, sur une bourse de 5000$.

Plus de maturité

Ce qui a probablement aidé Hakim Chajar à rafler le grand titre en 2014 et non en 2012, c’est la maturité acquise entre ces deux années, estime le principal intéressé. Depuis sa première participation à la téléréalité, le jeune trentenaire a bossé aux fourneaux du restaurant Laurie Raphaël de Montréal, appartenant à Daniel Vézina, hôte des Chefs! avec Élyse Marquis.

Auparavant, il avait acquis du bagage dans quelques-unes des tables Relais & Châteaux de Californie, d’Espagne et de France.

«La première fois, il y avait beaucoup plus de stress et un manque de maturité, explique Hakim. Je m’en étais mis beaucoup sur les épaules, mais je ne regrette rien du tout. En sortant deuxième, j’étais déjà gagnant sur le plan personnel, du fait de m’être rendu jusque-là. Cette fois, j’étais un peu plus réfléchi dans mes gestes, dans ma façon de travailler. Maintenant, je prends davantage le temps de m’arrêter, sans m’empêtrer ou m’enfarger moi-même.»

Aux dires du jeune homme, la compétition n’était pas plus vive entre les joueurs cette année que pendant les moutures précédentes, même s’ils savaient tous que cette occasion de prendre leur revanche n’allait pas passer deux fois.

«Au contraire, insiste Hakim. Fondamentalement, on est tous des cuisiniers. On sait que c’est une compétition, on veut tous gagner, mais on n’est pas là pour nuire aux autres. On était plutôt solidaires, parce qu’on respecte tous notre métier, au fond de nous-mêmes. Dans une cuisine, on travaille tous en équipe, et c’est ce qu’on a ressenti. On était très proches les uns des autres. On s’écoutait, on prenait soin des autres.»

«Quand on prend part à une compétition comme celle-là, on y va pour s’amuser, apprendre à connaître d’autres êtres humains, vivre une expérience totale, tant sur le plan humain que sur celui de la cuisine.»

Une nouvelle amie

Autre raison de sourire pour Hakim Chajar présentement, son restaurant, Laurea, sur l’avenue Laurier Ouest, à Montréal (à l’emplacement de l’ancien Laurier BBQ et Laurier Gordon Ramsay) roule très bien depuis son ouverture, il y a un mois. Le Marocain d’origine s’est entouré «d’un bras droit et d’un bras gauche», comme il le dit lui-même, pour bâtir son entreprise : ses amis de longue date Nicolas Sénépart et Soufian Ghanmi, en qui il a pleinement confiance et à qui il peut confier les rênes de l’endroit s’il doit s’absenter.

Si vous passez au Laurea, vous dégusterez des plats d’influences diverses, qui vous transporteront aux quatre coins du monde.

«C’est une cuisine du moment. Je m’inspire de produits qui viennent d’ailleurs, de voyages, de gens que j’ai côtoyés en cuisine. J’essaie de tout harmoniser, dans la mesure du possible. Dans certaines assiettes, on peut être sur la Méditerranée, dans les autres, en Afrique du Nord, en Espagne ou au Japon. Ce sont des produits mixés», précise Hakim, mentionnant au passage être ravi que l’ouverture de son commerce ait eu lieu cet été, pendant la diffusion des Chefs! Les cotes d’écoute moyennes de 922 000 téléspectateurs par semaine ont certes donné un coup de pouce à l’affluence quotidienne…

«C’est certain que c’a un impact, reconnaît-il. Les gens viennent goûter, et la réaction des clients est extraordinaire. L’amour que le public nous donne par rapport aux Chefs! est sensationnel. On sent qu’on a du support et ça vient du cœur!»

Bonheur supplémentaire, le maître d’œuvre du Laurea travaille désormais à deux pas d’une autre candidate des Chefs! La revanche, Marie-Pier Morin, qui était de la toute première brigade de l’émission, en 2010, et qui officie dans les cuisines du Leméac, qui est presque la porte à côté du Laurea, sur Laurier.

«C’a tellement été une belle rencontre, se réjouit Hakim en parlant de sa collègue. Avec elle, c’a été complètement fou! Elle est extraordinaire, elle va rester une amie!»

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