POLITIQUE

Le PQ doit exclure tout référendum à court terme, estime Jean-François Lisée

08/09/2014 08:02 EDT | Actualisé 08/09/2014 08:02 EDT
Radio-Canada

Le Parti québécois doit clairement mettre de côté toute manœuvre référendaire s'il veut reprendre le pouvoir au scrutin de 2018, estime le député de Rosemont, Jean-François Lisée.

Dans un article publié sur son blogue et intitulé « Le PQ et le référendum : Le parti doit entendre les Québécois », Jean-François Lisée affirme prendre acte du rejet de l'option référendaire exprimé lors du scrutin du printemps dernier.

« Pour les indépendantistes convaincus que nous sommes, découvrir que moins de 30 % des Québécois partagent en ce moment notre idéal, constater que les trois quarts de nos concitoyens sont réfractaires, pour ne pas dire allergiques, à la tenue d'un référendum, cela fait mal », reconnaît le ténor péquiste.

Pour Jean-François Lisée, il ne fait aucun doute que les Québécois ne veulent plus entendre parler d'un référendum, du moins à court terme. Et persister à brandir cette option devant l'électorat ne fera selon lui qu'assurer le pouvoir aux libéraux pour encore longtemps.

C'est pourquoi il est opportun, selon lui, de profiter de la course à la succession de Pauline Marois pour réfléchir sur la stratégie à adopter aux prochaines élections québécoises, prévues en 2018.

Deux choix s'offrent au PQ

Seules deux avenues s'offrent au parti selon lui. La première est de « rester sourd à l'humeur actuelle des Québécois, revenir immédiatement à la charge avec notre projet, sous une forme ou une autre, aux élections de 2018, se cogner durement la tête sur le mur de l'opinion et ainsi donner pour longtemps les clés du pouvoir aux Libéraux ».

« À moins d'un imprévisible retournement de situation d'ici-là, j'estime que les Québécois fermeront les portes du pouvoir à un PQ qui voudrait mettre, au prochain rendez-vous électoral, l'État au service de son option. » — Jean-François Lisée

La deuxième possibilité consiste, selon Jean-François Lisée, à accepter « le recul de notre option dans l'électorat » et entreprendre ensuite un « important travail de reconstruction de l'opinion souverainiste » avant d'en faire à nouveau, un jour, un enjeu électoral.

« Le PQ et ses partenaires doivent s'astreindre à une vaste et permanente entreprise d'éducation populaire, en particulier, mais non seulement envers les jeunes, pour redonner le goût de l'indépendance », écrit Jean-François Lisée.

« Entendre le message de la dernière élection, c'est reconnaître que les Québécois ont rejeté non seulement l'ambivalence, mais tout procédé qui les entraînerait sur le chemin d'un référendum à court terme. » — Jean-François Lisée

Le pouvoir libéral « corrosif » à long terme

Selon Jean-François Lisée, il est impératif que le Parti québécois reprenne le pouvoir aux prochaines élections pour enrayer « l'effet corrosif » d'un pouvoir libéral prolongé sur l'identité québécoise.

« On n'a qu'à voir comment le gouvernement Couillard a annulé les cours d'histoire, n'envisage aucune défense de la langue française, a comme objectif de rendre le Québec plus semblable à "la moyenne canadienne", affaiblit le réseau québécois à l'étranger. Il sape les ressorts du nationalisme québécois », écrit Jean-François Lisée.

Un nouveau chef au printemps 2015

C'est au printemps que le Parti québécois choisira son nouveau chef. Radio-Canada a en effet appris que l'exécutif du parti demandera à ses membres s'ils souhaitent ou non élargir le vote à l'ensemble des sympathisants péquistes.

Par ailleurs, l'exécutif a choisi de ne pas abaisser le montant maximal d'une contribution de 500 à 200 dollars, comme le souhaitaient les députés Alexandre Cloutier et Martine Ouellet.

Le plafond des dépenses est aussi maintenu à 300 000 dollars.

Ces orientations devront être adoptées par les militants péquistes, le 4 octobre à Sherbrooke.

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