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Commission Charbonneau: «Je n'ai jamais été en affaires avec le crime organisé», assure Tony Accurso

08/09/2014 12:42 EDT | Actualisé 08/09/2014 12:42 EDT
Montage photo

Tony Accurso affirme n'avoir jamais été en affaires avec la mafia italienne ni été contraint de payer un pizzo au crime organisé, mais reconnait avoir rencontré à plusieurs reprises Vito Rizzuto qui souhaitait l'impliquer dans le projet de condos de luxe au 1000 de la Commune à Montréal.

Un texte de Bernard Leduc

Tony Accurso a reconnu que le défunt parrain Vito Rizzuto, un client régulier à son restaurant L'Onyx, l'avait approché à plusieurs reprises, par l'entremise de Filippo Ranieri, pour l'impliquer dans ce projet de condos de luxe, qui sera finalement pris en charge par Tony Magi, mais qu'il a décliné son offre.

Tony Accurso admet avoir, en lien avec ce projet, rencontré une première le parrain le 4 février 2002, comme en fait foi une filature réalisée dans le cadre de l'opération Colisée de la GRC.

Il affirme incidemment qu'il ne faut pas attribuer d'importance au fait qu'il ait, à cette occasion, fait une accolade au parrain. Il décrit ce geste comme une tradition italienne qu'il pratique avec tous, amis, chefs syndicaux et bons clients : « J e suis comme ça ».

Une seconde rencontre avec Vito Rizzuto aurait aussi eu lieu à cette époque. La commission Charbonneau avait de son côté déjà fait état d'une rencontre en lien avec ce projet, fin 2003.

« Je n'ai jamais voulu travailler pour M. Rizzuto ou n'importe quel projet que lui voulait faire, directement ou indirectement. Et on ne l'a pas fait, le projet. »

— Tony Accurso

Tony Accurso soutient avoir dans les faits toujours refusé d'exécuter des contrats pour Vito Rizzuto ou son fils Nick Rizzuto junior.

« Il y avait toujours une façon que nous, on donnait, moi ou mes employés, très diplomates, pour dire que ce contrat, nous, on ne veut pas l'exécuter », a-t-il fait valoir.

C'est donc dans cet état d'esprit qu'il accepte, par diplomatie encore, de rencontrer une nouvelle fois le parrain en novembre 2012 à la demande de M. Ranieri, soit quelques semaines après sa sortie de prison, et refuse à nouveau de s'impliquer dans le 1000 de la Commune.

« Magi n'est plus là et il veut me reparler pour voir si ça m'intéresse », a expliqué l'entrepreneur, qui dit s'être là encore une fois défilé avec douceur, sans « claquer la porte ».

« Je n'ai jamais été en affaires avec le crime organisé ou la mafia, je n'ai jamais fait aucune business avec eux autres. Je voulais juste pas exécuter des contrats pour lui ou n'importe qui de son entourage, ou de ses amis, et on n'en a pas fait. »

— Tony Accurso

Accurso contredit Zambito

Tony Accurso a aussi reconnu avoir parlé avec le parrain d'un contrat du ministère des Transports du Québec pour le rond-point L'Acadie en 2003-2004, mentionné devant la commission par l'entrepreneur Lino Zambito.

Il nie cependant que le contrat lui ait été attribué au terme d'une rencontre à trois lors de laquelle Vito Rizzuto aurait agi comme médiateur, comme l'a avancé M. Zambito.

« Je me souviens que M. Rizzuto m'en a parlé, mais je ne me souviens pas que M. Zambito était présent à cette discussion-là. »

— Tony Accurso

Il affirme que Vito Rizzuto l'a approché un jour à son restaurant pour lui dire que « Lino Zambito était intéressé d'avoir la job », mais soutient avoir simplement répondu « qu'il soumissionne » comme lui, et que le tout n'a pas eu de suite.

« J'ai compris que c'était un ami de Lino Zambito. »

— Tony Accurso

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