POLITIQUE

Nul besoin de gestes pour se réconcilier avec le Québec, dit Maxime Bernier

02/09/2014 07:50 EDT | Actualisé 02/09/2014 07:50 EDT
ASSOCIATED PRESS
Canada's Foreign Minister Maxime Bernier arrives for a NATO foreign ministers meeting in Brussels, Thursday March 6, 2008. NATO foreign ministers meet Thursday to discuss plans to offer membership to three Balkan nations and closer ties to others in an effort to promote stability in the region in the wake of Kosovo's declaration of independence. (AP Photo/Geert Vanden Wijngaert)

Le ministre conservateur Maxime Bernier estime qu'Ottawa n'a rien d'autre à faire pour se réconcilier avec le Québec.

Dans une entrevue accordée à la publication Web C2C, un journal lié à la Fondation Manning, un groupe de réflexion conservateur, on a demandé au ministre si on devait ouvrir à nouveau le débat constitutionnel. C'est dans ce contexte que M. Bernier a avancé que le Québec fait partie de la Constitution.

Pourtant, le Québec n'a pas signé la Constitution lors du rapatriement de 1982. Et depuis, la question hante tous les dirigeants politiques du pays.

Le ministre Bernier, lui, fait une autre lecture de l'histoire. Selon lui, "Le Québec fait partie de la Constitution". "Nous n'avons pas à faire autre chose pour nous réconcilier avec le Québec", peut-on lire dans l'entrevue publiée mardi.

"Les Québécois ne veulent pas avoir des débats constitutionnels: ils sont heureux du fédéralisme d'ouverture qui leur est offert", est-il rapporté.

Le ministre, qui représente la Beauce, vante les gestes initiés par son gouvernement, comme l'adoption de la résolution reconnaissant la nation québécoise.

Pourtant, à la fois le Bloc québécois et le Parti québécois avaient dénoncé qu'une fois la motion adoptée, aucun contenu ou principe directeur ne lui avait été donné. Bref, qu'il s'agissait d'une "coquille vide".

M. Bernier juge d'ailleurs que le pays a "une très bonne Constitution" et qu'il suffit de la respecter en ne s'ingérant pas dans les compétences des provinces.

De cette façon, "tous les gouvernements seront heureux, en particulier le gouvernement du Québec. Si on intervient dans les champs de compétences provinciales, on n'aide pas la cause fédéraliste", est-il rapporté dans l'entrevue.

Le ministre en a apparemment profité pour décocher une flèche au chef libéral fédéral Justin Trudeau, qu'il accuse de vouloir s'immiscer en éducation, un champ de compétence provincial.

Lors de la dernière campagne électorale, en 2011, Stephen Harper avait d'ailleurs fait de ce respect des compétences des provinces l'un de ses arguments pour séduire l'électorat québécois.

Sur le Sénat, ce sera le statu quo, dit le ministre, car le processus à suivre pour l'abolir, tel qu'indiqué par la Cour suprême, "n'intéresse pas les conservateurs", dit-il.

"En tant que gouvernement ayant besoin de l'approbation de toutes les provinces, nous avons décidé de ne pas aller de l'avant. Nous voulons nous concentrer sur l'économie, pas sur un débat constitutionnel", est-il écrit.

Quant à savoir si la Cour suprême a trop de pouvoirs pour abolir les lois canadiennes, M. Bernier dit ne pas être inquiet. Il affirme respecter la Cour, mais souligne qu'il est avant tout un élu, envoyé à Ottawa pour écrire les lois.

"Donc si la cour interprète la loi contrairement à nos préférences, nous pouvons changer la loi", résume-t-il.

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