POLITIQUE

«Libres d'apprendre»: Gabriel Nadeau-Dubois discute de gratuité scolaire dans son deuxième livre

02/09/2014 11:30 EDT | Actualisé 03/09/2014 08:10 EDT
Courtoisie

Le spectre de la gratuité scolaire revient hanter le gouvernement libéral, alors que l’ex-porte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois sort son deuxième livre, Libres d’apprendre.

Mais pas question de revenir sur le «tumultueux récit» de la grève étudiante de 2012. Cette fois, il s’est entouré de collaborateurs de différents milieux – dont Lise Payette, Micheline Lanctôt et les cofondatrices d’Idle No More Québec – afin de prouver que l’éducation pour tous est un choix politique. Les propos du philosophe Noam Chomsky, qui prétend que «l’université est en train de devenir un Walmart», viennent clore ce recueil.

«C’est une réalité : de plus en plus d’universités fonctionnent comme une entreprise privée», déplore Gabriel Nadeau-Dubois, qui donne en exemple la multiplication des programmes et les publicités coûteuses pour attirer le plus d’étudiants possible et le plus de revenus.

Libres d’apprendre se veut donc un ensemble de pistes de réflexion sur la vision de l’éducation après le «rendez-vous raté» du Sommet sur l’éducation en février 2013, où la gratuité scolaire n’avait pas été abordée. C’est d’ailleurs ce qui a incité Gabriel Nadeau-Dubois à écrire un livre spécifiquement sur le sujet, après son premier bouquin Tenir tête.

«J’avais envie de relancer le débat. J’ai donc approché des gens d’un peu partout et aux expériences diverses pour ramener différentes perspectives sur le sujet», explique le militant.

Projet de société relégué aux oubliettes

La gratuité scolaire de la maternelle jusqu’à l’université faisait l’objet d’un large consensus dans la classe politique il y a encore 40 ans, explique-t-il, alors que l’idée est plutôt marginale aujourd’hui.

L’idée figurait au programme du Parti libéral du Québec de Jean Lesage en 1960, mais disparaît une décennie plus tard avec le début de l’ère Bourassa. Ce sera ensuite le Parti québécois qui véhiculera la promesse d'une éducation gratuite jusqu’au départ de René Lévesque.

Gabriel Nadeau-Dubois souligne dans son essai qu’«il faudra donc attendre 2006, lors de la fondation de Québec solidaire, pour qu’un parti politique majeur inscrive à nouveau la gratuité scolaire dans son programme officiel».

Une mesure « relativement peu coûteuse »

La mise en place de la gratuité scolaire pourrait coûter jusqu’à 886,8 millions de dollars, soit 1,2% des dépenses de l’État, expliquent Philippe Hurteau et Simon Tremblay-Pepin de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) dans un chapitre du livre.

Quant à l’endettement moyen des étudiants, il se situait à 15 102$ en 2009. Une étude obtenue par Le Devoir démontre que les frais de scolarité élevés ont bel et bien une incidence sur l’accès à l’université. Les étudiants de première génération universitaire seraient les plus touchés, puisque le risque d’abandon monte en flèche pour chaque tranche de 1000$ de hausse.

Toutefois, dans un contexte où tout est sujet à compressions et où la rigueur budgétaire justifie les moyens, serait-il envisageable d’imposer davantage les entreprises ou d’augmenter la taxe à la consommation?

«Tous les partis politiques chantent la même chanson et soutiennent qu’on ne peut rien se permettre de plus, mais on a le choix. Tout est une question de priorités», rétorque Gabriel Nadeau-Dubois.

« On n’est pas au pays des merveilles, il faut faire des choix. La gratuité scolaire est une mesure relativement peu coûteuse. Après, il faut se demander si nous voulons l’implanter ou pas? Il faut arrêter de penser qu’on a les mains liées.»

Libres d’apprendre – Gabriel Nadeau-Dubois – Éditions Écosociété – Disponible dès le 3 septembre 2014.


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