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Chirurgie esthétique: avoir de plus gros seins pendant 24 heures, une nouvelle folie aux Etats-Unis

02/09/2014 02:02 EDT | Actualisé 02/09/2014 02:03 EDT
kaspiic via Getty Images

Imaginez, vous êtes invitée à une grande soirée, vous choisissez votre tenue avec soin, vous coiffez avec attention et... faites escale chez le chirurgien esthétique. Non, pas pour passer sur le billard. Figurez-vous qu'il est désormais possible d'augmenter la taille de ses seins pour un soir grâce à une simple piqûre.

Le nom de ce tour de passe-passe ? Solution saline. Oui, oui, la même chose, ou presque que ce bon vieux sérum physiologique. Injecté dans vos seins, il les fait grossir “presque” naturellement avant de se dissoudre au bout de 24h. D'un bonnet A à un bonnet C, puis retour au bonnet A, tout ça en l'espace d'une journée (mais pour 2660 euros tout de même).

Initialement destinée aux frileuses de l'implant mammaire, la technique se développe aujourd'hui grâce à un chirurgien esthétique new-yorkais, le docteur Rowe. Dans un article du New-York Times, il explique : “La procédure a d'abord été conçue comme un moyen pour les femmes s’intéressant à l'augmentation mammaire de savoir ce que cela leur ferait. Si les patientes ne sont pas sûres de vouloir des implants, injectons-leur de la solution saline dans les seins, et laissons-les se faire à l'idée pendant 24h.”

Évidemment, il n'a pas fallu attendre très longtemps pour que les femmes fassent la queue devant son cabinet pour obtenir un petit coup de pouce avant un grand événement. “Ça fait fureur pour les mariages, pour les fêtes, les bar mitzvahs et les soirées sur tapis rouge” s'amuse le docteur Rowe.

Quelles conséquences médicales ?

Ça ne fait pourtant pas vraiment rire le reste de la communauté médicale. Le docteur Steven Teitelbaum, un chirurgien esthétique californien et professeur associé de la prestigieuse école de médecine de l'Université de Californie (Los Angeles) estime que cette pratique “n'est vraiment pas nécessaire. Rien ne vaut un bon soutien-gorge pour vous sentir à l'aise dans vos vêtements” tranche-t-il. Le président de la société américaine de la chirurgie plastique esthétique, le docteur Michael Edwards, met en garde: “certes ce n'est pas une procédure invasive, mais vous étirez la peau. En modifiant la structure du sein, je m'inquiéterais de la possibilité de le rendre moins ferme“. Soit... l'effet inverse de celui recherché.

Le docteur Jennifer Capla, chirurgienne esthétique à New-York, tempère: “si c'est fait par des professionnels alors très bien. Je le propose moi-même à mes patientes avant une chirurgie. Mais est ce vraiment raisonnable de le faire trois jours d'affilée? Je ne peux que plaider pour la modération“.

Et c'est bien là le problème. Dans un pays où la Société Américaine de Chirurgie Esthétique comptabilise plus de 300.000 augmentations mammaires par an, il semblerait que les États-Unis aient trouvé une nouvelle raison d'être déraisonnables. En France, on n'en est pas là. Interrogé par Madame Figaro , le Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique semble catégorique: "on ne pratique pas cette technique, on ne joue pas avec la santé des patients".

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