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Arthur Porter se dit détenu dans des conditions « primitives »

02/09/2014 10:40 EDT | Actualisé 02/09/2014 10:40 EDT
CP

Le nouvel avocat de l'ex-directeur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), Arthur Porter, a annoncé jeudi que son client contestera son extradition et celle de son épouse au Canada.

Après avoir visité Arthur Porter et son épouse Pamela en prison, Ricardo Bilonick a déclaré aux journalistes, qui se demandaient pourquoi M. Porter avait subitement changé d'idée :« Maintenant, je suis son avocat. »

Selon Me Bilonick, Arthur Porter n'est pas à sa place en prison. « Dès le départ et parce que c'est un diplomate, il n'aurait jamais dû être arrêté. On va donc se battre pour démontrer qu'il s'agit d'une détention illégale. » Il affirme que la requête en extradition du gouvernement canadien a été mal préparée.

Il a indiqué qu'il demanderait une libération sous caution au cours des prochains jours. Il a aussi déclaré qu'Arthur Porter réclame son médecin, qui est aux Bahamas, où l'ex-directeur du CUSM résidait. M. Porter affirme souffrir d'un cancer du poumon qui s'est propagé à son foie.

S'ils sont libérés, Arthur et Pamela Porter devront rester au Panama pendant la durée du processus d'extradition, ce qui peut prendre des mois.

Itinéraire incertain

Selon les policiers, Arthur Porter et son épouse avaient quitté les Bahamas pour se rendre à Trinité-et-Tobago avec un arrêt à Panama où ils ont été interceptés, en vertu d'un mandat d'Interpol.

Ricardo Bilonick affirme plutôt que le couple se rendait à Antigua-et-Barbuda, où le docteur Porter avait planifié une rencontre avec le premier ministre, dans le cadre d'une mission diplomatique pour son pays natal, la Sierra Leone. Porter aurait utilisé un passeport diplomatique de ce pays pour entrer au Panama.

« Mon client dit qu'il est innocent et pense qu'on le persécute parce qu'il a occupé des postes importants au Canada. Vous le savez, quand on est au sommet, il y a toujours des gens qui espèrent que vous allez tomber », affirme l'avocat qui est bien connu au Panama.

En 1991, durant le procès de l'ex-dictateur Manuel Antonio Noriega, il a reconnu avoir offert 10 millions de dollars à Noriega pour l'aider à transporter 20 tonnes de cocaïne aux États-Unis pour le compte du cartel de Medellín.

Après quelques années de prison, Ricardo Bilonick est retourné à la pratique du droit et des affaires au Panama.

Fraude et complot

L'ex-directeur du CUSM est accusé d'avoir accepté 20 millions de dollars de pots-de-vin. Des accusations de fraude, blanchiment d'argent et complot, notamment, pèsent sur lui. Son épouse Pamela est également accusée de complot.

Le médecin est l'une des nombreuses personnes accusées en lien avec des fraudes qui seraient survenues lors de la construction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Le chantier de 1,3 milliards $ est l'un des projets d'infrastructure les plus importants au pays. Le médecin prétend qu'il n'a rien fait de mal.

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