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Ebola: la dernière semaine a été la pire de toute l'histoire

29/08/2014 07:41 EDT | Actualisé 29/10/2014 05:12 EDT
CARL DE SOUZA via Getty Images
A man stands next to the coffin of Dr Modupeh Cole, Sierra Leone's second senior physician to die of Ebola, at the Medecins Sans Frontieres (MSF) facility in Kailahun, on August 14, 2014. Kailahun along with Kenama district is at the epicentre of the world's worst Ebola outbreak. The World Health Organisation (WHO) revealed that the latest death toll from the Ebola virus in Guinea, Sierra Leone, Liberia and Nigeria had claimed more than 1000 lives. Health Organisations are looking into the possible use of experimental drugs to combat the latest outbreak in West Africa. AFP PHOTO / CARL DE SOUZA (Photo credit should read CARL DE SOUZA/AFP/Getty Images)

DAKAR, Sénégal - Le virus d'Ebola s'est maintenant propagé au Sénégal.

La ministre sénégalaise de la Santé, Awa Marie Coll Seck, a indiqué vendredi aux journalistes que la victime est un jeune homme originaire de la Guinée.

L'étudiant s'est présenté à un hôpital de la capitale, Dakar, mardi, sans toutefois révéler qu'il puisse être porteur de la maladie. Le lendemain, une équipe guinéenne a prévenu le Sénégal qu'elle recherchait un individu qui avait possiblement eu des contacts avec des personnes infectées, et que cet individu s'était peut-être rendu au Sénégal.

L'étudiant a été identifié et immédiatement placé en quarantaine. Des tests menés par l'Institut Pasteur, en France, confirment qu'il est porteur de l'Ebola.

On ne sait pas comment le jeune homme a pu se rendre jusqu'au Sénégal, puisque ce pays a fermé ses frontières avec la Guinée.

L'arrivée de la maladie au Sénégal — dont la capitale est une plaque-tournante de premier plan pour les transports dans la région — risque de rehausser les craintes de voir le virus se propager hors de tout contrôle.

L'Organisation mondiale de la Santé a révélé vendredi qu'on a décelé au cours de la dernière semaine le plus grand nombre de nouvelles infections au virus d'Ebola depuis le début de l'épidémie en Afrique de l'Ouest, ce qui démontre que la situation ne fait que se détériorer.

L'agence onusienne avait prévenu jeudi que le virus pourrait éventuellement infecter jusqu'à 20 000 personnes.

Le Liberia a dit qu'il levait les barricades d'un bidonville dans la capitale où des milliers de personnes étaient coincées pour contenir l'éclosion d'Ebola.

Le ministre de l'Information, Lewis Brown, a affirmé que la levée de la quarantaine samedi matin ne signifiait pas une absence de cas dans le bidonville de West Point.

Mais les autorités disent avoir confiance de pouvoir retracer les malades, et ajoutent que la communauté combat activement la maladie.

Le bidonville de 50 000 personnes dans la capitale du Liberia avait été bouclé il y a plus d'une semaine, entraînant des manifestations et laissant bon nombre de gens sans accès à de la nourriture et de l'eau potable.

Jusqu'à présent, l'Ebola a tué plus de 1500 des 3000 personnes qui ont été infectées au Libéria, en Sierra Leone, au Nigeria et en Guinée. L'OMS croit que, dans les régions les plus durement touchées, le nombre réel d'infections est de deux à quatre fois plus élevé que ce qui est officiellement recensé.

Un rapport détaillé publié vendredi par l'OMS annonce que plus de 500 nouvelles infections ont été décelées au cours de la dernière semaine, de loin le plus lourd bilan hebdomadaire jamais annoncé. La vaste majorité des cas ont été repérés au Libéria, mais il s'agit aussi du pire bilan hebdomadaire pour la Guinée et la Sierra Leone. Quelques nouvelles infections sont également rapportées au Nigeria.

Le rapport prévient que ni le Libéria, ni la Sierra Leone ne sont en mesure de répondre adéquatement à l'explosion du nombre de cas.

Près des deux tiers des cas ont été détectés dans les trois pays les plus durement touchés, a dit l'OMS. L'agence s'inquiète aussi de la propagation du virus à des zones urbaines densément peuplées.

Un dirigeant de l'organisation humanitaire Médecins sans frontières accuse toutefois l'OMS de ne pas faire assez pour combattre l'épidémie.

«L'Organisation mondiale de la Santé ne peut gérer» l'épidémie, a déclaré à la radio française le président de MSF en France, Mego Terzian. Je ne vois pas comment, avec les mesures actuelles, nous allons pouvoir prendre le contrôle de cette épidémie et y mettre fin.»

Il a appelé à une réponse plus importante de la communauté internationale, estimant que le Conseil de sécurité des Nations unies devrait se saisir du dossier et rappelant que certains pays disposent d'unités médicales militaires qui pourraient être utiles.