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PAM: Endiguer Ebola revient à "plonger au milieu d'un tsunami"

28/08/2014 07:46 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

Tenter d'arrêter Ebola revient à "plonger au milieu d'un tsunami", déclare à l'AFP la directrice pour l'Afrique de l'Ouest du Programme alimentaire mondial (PAM), qui assure deux missions "cruciales": acheminer matériel et renforts de l'Onu et approvisionner les populations en quarantaine.

"Nous savons comment faire pour les conflits, les séismes et les tsunamis. Là, c'est comme plonger au milieu d'un tsunami qui est déjà au sommet de la vague", a expliqué jeudi à Dakar Denise Brown, de retour du Liberia et de Sierra Leone, les deux pays les plus touchés en nombre de cas.

"Ce que nous avons vu là-bas, c'est que les structures sanitaires sont submergées et c'est ce que disent les spécialistes de la santé", a souligné la responsable du PAM, qui accompagnait le coordinateur de l'ONU contre l'épidémie, le Dr David Nabarro, dans sa tournée des pays concernés, poursuivie en Guinée et au Nigeria.

"C'est pourquoi cette mobilisation et l'envoi de personnel et d'équipement sont absolument cruciaux", a-t-elle affirmé, rappelant les difficultés créées par la fermeture des frontières de plusieurs pays africains, comme le Sénégal ou le Kenya, et l'arrêt des vols de la quasi totalité des compagnies aériennes.

Au sein de l'ONU "c'est toujours le PAM qui opère les avions dans ces situations, c'est pourquoi nous avons un appareil sur place. Mais nous savons que ce n'est pas assez, donc nous prévoyons d'amener un avion plus gros et plus rapide, ainsi que plusieurs hélicoptères".

"Ce dont nous avons besoin, c'est d'une rampe de lancement pour ces appareils, et c'est là que nous avons un souci dans la région. Les discussions se déroulent au plus haut niveau politique", a précisé Denise Brown.

"Nous avons une opération aérienne d'environ 28 millions de dollars (environ 21 millions d'euros) pour tenir jusqu'à la fin de l'année et nous aimerions déployer ces moyens aériens aussi vite que possible", a-t-elle insisté.

Dans cette crise, le PAM, qui veut envoyer 50 personnels spécialisés supplémentaires, ne perd pas de vue sa mission primordiale de sécurité alimentaire, a souligné la directrice régionale de l'agence de l'ONU.

"Lorsque l'on place en quarantaine un secteur comme West Point à Monrovia, un grand quartier populaire, les gens ont besoin d'avoir accès à la nourriture. C'est pourquoi nous y allons, nous avons commencé à aller à West Point et dans d'autres zones" pour subvenir aux besoins de la population.

Le PAM se préoccupe également de "l'évolution des prix alimentaires. Nous avons réalisé une analyse préliminaire qui révèle une augmentation de 30 %, surtout au Liberia, en Sierra Leone aussi. En Guinée, nous essayons de mieux cerner ce qu'ils se passe".

Tandis que la Banque mondiale étudie les retombées macro-économiques de l'épidémie, a ajouté Denise Brown, dans les campagnes, où les champs sont à l'abandon, le PAM et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) enquêtent sur les conséquences à l'échelle locale et familiale.

sst/jpc

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