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Pakistan : le chef de l'armée joue les médiateurs de la crise politique (opposition)

28/08/2014 03:22 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

Le chef de l'armée pakistanaise, le général Raheel Sharif, s'est proposé comme médiateur pour tenter de mettre fin à la crise politique qui paralyse le gouvernement depuis quinze jours, ont annoncé les drigeants de l'opposition, fer de lance de la contestation.

Le chef religieux Tahir-ul-Qadri, qui mène la fronde avec l'ex-champion de cricket reconverti en homme politique nationaliste Imran Khan pour obtenir la démission du Premier ministre Nawaz Sharif, a annoncé à la foule de leurs partisans qui campent depuis deux semaines devant le Parlement à Islamabad : "Le chef de l'armée pakistanaise nous a officiellement demandé s'il serait acceptable" pour les manifestants "qu'il intervienne en tant que médiateur".

"Ai-je votre accord?", a-t-il demandé la foule qui a immédiatement répondu par l'affirmative.

Il a précisé que le chef de l'armée avait proposé "de régler la crise par des discussions" pendant une "période de médiation de 24 heures".

"Et les discussions ont déjà commencé", a ajouté le chef religieux.

Plus tôt dans la journée, M. Sharif avait rencontré le général Raheel pour évoquer la crise, leur seconde rencontre en trois jours.

Les deux dirigeants de l'opposition accusent M. Sharif d'avoir bénéficié de fraudes massives aux élections nationales de mai 2013 ayant porté sa Ligue Musulmane (PML-N) au pouvoir à la tête d'un gouvernement majoritaire.

Selon les observateurs, l'annonce d'une médiation de l'armée risque cependant d'alimenter les conjectures sur une tentative des militaires de mettre à profit la crise actuellle pour rétablir sa domination sur un gouvernement civil.

Dans la journée La police pakistanaise a enregistré une plainte pour meurtre contre Nawaz Sharif et des proches dans l'espoir d'enrayer le mouvement de contestation.

M. Qadri accuse notamment M. Sharif, son frère Shahbaz, ministre en chef de la province du Pendjab, la plus peuplée du pays, et d'autres proches, d'être responsables de la mort de 14 de ses fidèles dans une opération en juin contre son QG de Model Town, un quartier de Lahore (est).

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