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Des mères de soldats russes interpellent les autorités pour savoir si leurs fils sont en Ukraine

28/08/2014 07:33 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

Des épouses et des mères de soldats russes comptaient manifester jeudi pour exiger des autorités russes des explications sur le sort de leurs proches, alors que se multiplient les accusations d'intervention militaire russe en Ukraine.

Depuis quelques jours, des soldats du 331e régiment de la 98e division de parachutistes, basés à Kostroma, à 330 kilomètres au nord de Moscou, n'ont pas donné signe de vie à leurs proches.

"Un Cargo-200 est arrivé à Kostroma hier", raconte à l'AFP l'épouse de l'un des parachutistes Valeria Sokolova, faisant référence aux camions militaires utilisés pour le transport de soldats tués.

Mais aucune information ne filtre sur le sort de leurs proches, et les commandants du régiment refusent de discuter avec les familles.

"La seule chose qu'ils acceptent de nous dire, c'est qu'ils ne sont pas en Russie", regrette Mme Sokolova.

Selon la présidente du Comité des mères de soldats russes, Valentina Melnikova, citée jeudi par la chaîne de télévision d'opposition Dojd, près de 15.000 soldats russes combattent en Ukraine auprès des séparatistes prorusses.

La Russie a toujours démenti les affirmations de Kiev et des Occidentaux selon lesquelles elle aurait envoyé des hommes combattre aux côtés des séparatistes dans l'est de l'Ukraine.

Kiev et Washington ont accusé jeudi d'intervention directe dans l'Est de l'Ukraine, en proie à de violents combats.

Plusieurs médias indépendants russes ont fait état de funérailles tenues en secret de deux parachutistes dans le nord de la Russie, citant des proches affirmant qu'ils avaient été tués en Ukraine où officiellement la Russie n'a pas déployé de troupes.

"Ces informations sont actuellement vérifiées par les autorités compétentes", a déclaré mercredi soir le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par l'agence officielle Itar-Tass.

Kiev avait annoncé en début de semaine avoir capturé dix parachutistes russes qui se trouvaient sur son territoire, à une vingtaine de kilomètres de la frontière. "Un accident" a assuré une source militaire russe aux agences de presse officielles.

Moscou avait envoyé de nombreux soldats en Crimée avant son rattachement en mars dernier, en niant leur présence dans un premier temps. Un démenti qui avait rappelé l'invasion soviétique de l'Afghanistan en 1979, lorsque l'URSS avait aussi refusé pendant plusieurs mois de reconnaître qu'elle était en guerre contre Kaboul.

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