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Des Casques bleus aux mains d'un groupe armé sur le Golan, Washington accuse Al-Nosra

28/08/2014 07:11 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

Quarante-trois Casques bleus de l'ONU, des Fidjiens, chargés de surveiller le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan étaient jeudi aux mains d'un "groupe armé", les Etats-Unis accusant la filiale syrienne d'Al-Qaïda, le Front al-Nosra.

D'après les Nations unies, 81 autres soldats de maintien de la paix, des Philippins, étaient également bloqués dans deux localités de cette région du Golan que se partagent Israéliens et Syriens, sous contrôle de l'ONU depuis 1974.

Les 43 Casques bleus fidjiens, membres de Force de l'ONU chargée de l'observation du désengagement (UNDOF), ont été capturés à la suite de violents combats entre l'armée syrienne et des groupes armés syriens d'opposition, a précisé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric. L'incident s'est produit près de Quneitra, dans la zone de désengagement délimitée en 1974, où patrouille depuis lors l'UNDOF entre la Syrie et Israël.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a "fermement condamné la détention des 43" Casques bleus fidjiens et a réclamé "la levée des restrictions" contre les 81 soldats philippins.

Le porte-parole Dujarric a assuré que "l'ONU faisait tous les efforts nécessaires pour obtenir la libération des Casques bleus détenus et rétablir la liberté de mouvement des membres de la Force dans toute sa zone d'opération".

Dans une déclaration de "condamnation", les 15 membres du Conseil de sécurité ont accusé "des groupes désignés par le Conseil de sécurité comme terroristes et des membres de groupes armés non étatiques", sans être plus précis.

Mais le département d'Etat américain a été plus loin, montrant du doigt des "groupes armés non étatiques, parmi lesquels le groupe terroriste Front al-Nosra", des islamistes radicaux qui se battent en Syrie sous la bannière du réseau Al-Qaïda.

Comme le Conseil de sécurité, les Etats-Unis ont "exigé la libération immédiate et sans conditions" des Casques bleus. L'ONU a demandé aux "pays qui peuvent exercer une influence" sur les ravisseurs d'exercer une "forte" pression.

Le Front al-Nosra est considéré par le Conseil de sécurité comme un "groupe terroriste", tout comme par Washington qui l'a inscrit sur sa liste noire d'"organisations terroristes étrangères".

Israël occupe depuis 1967 quelque 1.200 km2 du plateau du Golan, qu'il a annexés, une décision que n'a jamais reconnue la communauté internationale. Environ 510 km2 restent sous contrôle syrien.

A deux reprises déjà des membres de la Force de l'ONU, dont des Philippins, avaient été pris en otages par des opposants syriens armés dans cette région. L'ONU avait ensuite renforcé les positions et l'armement de ses Casques bleus. En mars et en mai 2013, les Casques bleus avaient été relâchés sains et saufs au bout de quelques jours.

"Aucune rançon n'avait été demandée ni payée" à cette occasion, a précisé M. Dujarric.

Et il a affirmé ne pas considérer pour l'instant les 43 captifs comme des "otages".

Des rebelles syriens, dont des membres du Front al-Nosra, avaient attaqué mercredi les forces syriennes au point de passage entre la partie syrienne du Golan et la partie du plateau occupée par Israël.

Israël a fermé cette zone autour de Quneitra après qu'un soldat et un civil ont été blessés mercredi par des tirs d'obus lors de cette attaque.

L'UNDOF compte 1.223 hommes de six pays (Inde, Fidji, Philippines, Irlande, Pays-Bas, Népal). Son mandat vient d'être renouvelé pour six mois, jusqu'au 31 décembre 2014.

Manille avait annoncé samedi son intention de retirer du Golan son contingent de 331 soldats en octobre pour des raisons de sécurité.

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