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Crise ukrainienne: Bourse de Moscou et rouble en forte baisse

28/08/2014 06:55 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

La Bourse de Moscou et le rouble ont dégringolé jeudi, les accusations d'intervention russe en Ukraine faisant craindre aux investisseurs de nouvelles sanctions douloureuses pour une économie russe déjà au bord de la récession.

L'indice Micex (libellé en roubles) a perdu 1,67% et surtout le RTS (en dollars) 3,27%. Les banques publiques étaient fortement touchées, l'action Sberbank a plongé de 4,29% et VTB de 3,59%.

Le rouble évoluait jeudi soir à 36,74 roubles pour un dollar, contre 36,17 roubles pour un dollar la veille, et 48,42 roubles pour un euro contre 47,75 la veille.

Les marchés russes ont piqué du nez dès le début de la journée à cause des "informations indiquant que la Russie soutient les insurgés plus ouvertement" dans l'est de l'Ukraine, ont expliqué les analystes d'Alfa Bank.

La tendance s'est aggravée dans la journée, alors que Kiev, Washington puis l'Otan ont dénoncé la présence de troupes russes dans la région, en proie à de violents combats.

Ces informations ont d'autant plus frappé les marchés en Russie que "les espoirs d'une solution diplomatique à la crise avaient provoqué un rebond de la Bourse au début du mois", ont relevé les analystes de Capital Economics.

Selon ces experts, l'économie russe "n'est pas aussi résistante que beaucoup continuent de le penser" et "serait la principale perdante d'une nouvelle escalade".

Visée par des sanctions économiques sans précédent, la Russie, dont l'économie avait déjà fortement ralenti avant la crise ukrainienne, se trouve actuellement au bord de la récession.

Mardi, le ministère de l'Economie a maintenu sa prévision de croissance pour 2014 à 0,5%, alors qu'il affirmait récemment se préparer à une révision à la hausse. Et pour l'année prochaine, le pronostic a été réduit de moitié, à 1%, contre 2% jusqu'alors.

Le ralentissement de l'économie russe a déjà des effets très concrets puisque la première compagnie aérienne du pays, Aeroflot, a annoncé avoir subi des pertes au premier semestre en raison notamment du ralentissement de la croissance de son trafic passagers.

Les dernières sanctions prises pendant l'été par les Etats-Unis visent de grandes entreprises, comme le géant du pétrole Rosneft, le producteur de gaz Novatek ou la deuxième banque russe VTB. L'Union européenne a de son côté limité l'accès des grandes banques publiques aux marchés européens, interdit les exportations vers la Russie dans le secteur de la défense et de certaines technologies liées à l'énergie.

En réponse, Moscou a décrété un embargo sur la plupart des produits alimentaires des pays la sanctionnant, qui couvrent jusqu'à 30% de la consommation de certaines catégories (porc, poissons, fruits...)en Russie.

Cette décision fait craindre une nouvelle flambée des prix alors que la chute du rouble a déjà poussé l'inflation à plus de 7% ces derniers mois.

Ce phénomène affecte particulièrement le marché automobile, en baisse depuis plus d'un an et en chute libre depuis quelques mois, les consommateurs reportant leurs achats.

Le gouvernement a annoncé jeudi un programme de prime à la casse pour tenter de redresser le secteur.

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