POLITIQUE

Course à la chefferie du PQ: l'argent ne devra pas être un facteur, disent Cloutier et Ouellet

28/08/2014 11:24 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT
CP

QUÉBEC - L'opposition officielle n'attend pas de connaître le nom du prochain chef du Parti québécois (PQ) avant de relancer la promotion de la souveraineté du Québec.

Le chef intérimaire de la formation politique, Stéphane Bédard, a vendu la mèche, jeudi, au terme de deux jours de réunion des 30 députés péquistes, en préparation de la prochaine rentrée parlementaire.

Une initiative visant la promotion de la souveraineté sera rendue publique «dans les prochains jours» par l'aile parlementaire du Parti québécois, a indiqué M. Bédard, en point de presse, à la fin du caucus.

«Pour nous, c'est important de dégager un tronc commun comme aile parlementaire par rapport à la souveraineté», a-t-il fait valoir, sans vouloir élaborer sur la nature exacte de la démarche à venir.

Mais chose certaine cette initiative ira «plus loin» que le livre blanc promis par l'ex-première ministre Pauline Marois.

En février, à Trois-Rivières, la chef péquiste, alors à la tête d'un gouvernement minoritaire en fin de course, avait lancé l'idée d'une vaste consultation sur l'avenir politique du Québec, si elle formait un gouvernement majoritaire.

«On est allé plus loin que le livre blanc» durant les derniers jours en caucus, a dit M. Bédard, sans vouloir donner de précisions.

La souveraineté a été un des quatre sujets abordés par les députés péquistes réunis dans un hôtel de Québec, tandis que l'exécutif du parti est à définir les règles de la course au leadership visant à trouver un successeur à Pauline Marois, au cours des prochains mois.

«Dans le contexte du pouvoir, le livre blanc était la meilleure façon qu'on avait vu pour donner un choix aux Québécois: vous avez votre réalité, voici ce qu'on vous propose. Là, on est dans un contexte où on est revenu dans l'opposition, donc ça amène un positionnement qui est différent», a ajouté le chef de l'opposition officielle.

Il a rappelé l'importance à ses yeux «de faire un pays pour les Québécois, parce que c'est rentable, parce que c'est payant».

Les trois autres sujets abordés par les députés péquistes au cours du caucus ont été la situation économique, le projet de loi 3 sur les régimes de retraite des employés municipaux et l'avenir énergétique. Le PQ fera pression sur le gouvernement pour qu'il adopte une politique de création d'emplois, a dit M. Bédard.

Mais le sujet qui a transcendé toutes ces discussions aura été la future course au leadership, au moment où plusieurs députés testent leurs appuis avant de décider s'ils vont plonger ou non.

Même si les règles du jeu ne seront pas connues avant le 4 octobre et que personne n'est encore officiellement candidat, M. Bédard s'est dit «fier de la qualité des candidatures actuellement».

La présence éventuelle sur les rangs du député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, et l'intérêt manifesté envers lui par les journalistes, ont semblé être une source d'irritation dans les rangs de l'opposition.

L'avis de convocation à la conférence de presse de M. Bédard indiquait que M. Péladeau serait présent, en tant que porte-parole de l'équipe économique, l'économie étant la priorité de l'opposition. Or, il n'était pas là et M. Bédard a eu peine à expliquer pourquoi.

Même si bien des gens tiennent pour acquis qu'il sera candidat, M. Péladeau a fui les micros des journalistes durant les deux jours, malgré leur insistance, se contentant de dire que toute spéculation sur son avenir était «prématurée».

Au contraire, pendant ce temps, plusieurs de ses collègues très tentés de participer à la course défilaient devant les caméras, soucieux d'étaler leur vision des choses.

Parmi eux, les députés péquistes de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, et de Vachon, Martine Ouellet, ont dit estimer que l'argent ne devait pas avantager quelque candidat que ce soit.

Se défendant bien de viser Pierre Karl Péladeau, qui est multimillionnaire, ils ont proposé jeudi de couper la contribution financière maximale autorisée, qui passerait donc de 500 $ à 200 $ par personne intéressée à appuyer son candidat.

Ce faisant, ils contestent la loi adoptée par leur propre parti en décembre 2012, qui prévoyait déjà couper de moitié les contributions financières faites lors de ces courses à la direction d'un parti, le plafond ayant passé de 1000 $ à 500 $.

Au total, lors de la dernière course au leadership au PQ, en 2005, le plafond de dépenses autorisé était fixé à 500 000 $. Selon les voeux de M. Cloutier et Mme Ouellet, il serait ramené à 250 000 $ pour chaque candidat.

Présent au caucus, le président du parti, Raymond Archambault, n'a pas voulu se mouiller. Il a dit que cette question et bien d'autres seraient examinées dans les prochaines semaines, en prévision de la conférence des présidents du 4 octobre, qui se tiendra à Sherbrooke. D'ici là, l'exécutif national du PQ doit formuler une proposition détaillée à être entérinée par la base du parti le 4 octobre.

D'après ses commentaires, rien n'est encore joué quant aux critères retenus pour pouvoir déposer sa candidature (nombre de signatures requis, limite de dépenses, mode de scrutin, etc.).

«On étudie toutes les possibilités, on ne met rien de côté», a dit M. Archambault.

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