NOUVELLES

Buenos Aires au ralenti pour sa 2e grève générale en 6 mois

28/08/2014 10:51 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

Pas de trains ni de vols domestiques: l'Argentine vivait jeudi au ralenti pour sa deuxième grève générale en six mois, convoquée par trois syndicats pour réclamer de meilleurs salaires, alors que le pays, en récession, a été déclaré en défaut de paiement partiel.

Dès l'aube, des piquets de grève avaient été installés sur les principaux accès à Buenos Aires, pour empêcher le passage de certains transports publics, comme les taxis et les autobus n'ayant pas voulu se joindre au mouvement.

Et dans l'agglomération de 13 millions d'habitants, seules trois lignes de métro sur six fonctionnaient, tandis que ni les trains, ni les avions des lignes intérieures et ni les banques ne fonctionnaient.

Certains hôpitaux publics étaient aussi à l'arrêt et cheminots, chauffeurs de camions et travailleurs du secteur portuaire faisaient également grève.

Les conducteurs d'autobus ont eux refusé de faire de même, contrairement à la première grève générale, le 10 avril, qui avait été un succès en vidant les rues, les bureaux et les écoles.

Parmi les revendications de ce nouveau mouvement, la baisse de la taxation sur les salaires, l'interdiction des licenciements pendant un an et la hausse des aides familiales.

Il survient alors que l'économie argentine est en récession, avec une inflation galopante et une situation financière délicate: le pays a en effet été déclaré en défaut de paiement partiel par les agences de notation, après le blocage à New York d'une échéance de sa dette, en raison d'un litige avec des fonds "vautours".

Le chef du gouvernement Jorge Capitanich a minimisé jeudi la portée du mouvement, affirmant que "75% des travailleurs ne se sont pas joints à la grève".

"Il n'y aucun doute qu'il s'agit d'une grève politique, avec le soutien de l'opposition, dont sont proches une grande partie de ces syndicats", a-t-il assuré.

"La grève va être très importante", a de son côté déclaré Hugo Moyano, dirigeant de la section CGT-Azopardo.

"Ce sont les mêmes revendications que celles que nous avions lors de la grève du 10 avril, mais maintenant, la situation s'est aggravée, avec des licenciements et du chômage technique. Quatre mois plus tard, le pouvoir d'achat a chuté de manière significative", a indiqué Pablo Micheli, du syndicat CTA.

L'Argentine compte 11 millions de salariés enregistrés, dont 40% sont syndiqués, et le nombre de travailleurs au noir est estimé à 4 millions, pour un taux de chômage officiel à 7,5%.

pb-ls/ja/ka/fw

PLUS:hp