Un photographe montréalais dit ne pas être à blâmer pour un enlèvement en Syrie

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STEVEN SOTLOFF
Handout via Getty Images

TORONTO - Un photographe montréalais se défend face aux accusations d'un site de nouvelles américain, qui avance qu'il a joué malgré lui un rôle dans l'enlèvement du journaliste américain Steven Sotloff en Syrie, l'an dernier.

Yves Choquette dit être le photographe pigiste auquel on donne le nom d'«Alex» dans un article controversé publié vendredi sur The Daily Beast.

On y avance que le photographe a révélé l'identité de son guide syrien sur Facebook à des individus soupçonnés d'être des extrémistes syriens. L'article dit aussi que cela a peut-être mis en danger le journaliste américain, qui a travaillé avec le même guide quelques jours plus tard.

M. Choquette nie les accusations, disant qu'elles déforment les événements d'août 2013 et suggèrent de façon injuste qu'il est à blâmer pour l'enlèvement.

Il a expliqué avoir demandé des conseils à d'autres journalistes par l'entremise d'un groupe privé de discussion en ligne appelé The Vulture Club, dans le cadre de ses recherches pour trouver un guide syrien fiable.

L'article du Daily Beast affirme que le photographe a contacté jusqu'à 30 Syriens sur Facebook, choisissant ceux dont les photos les montraient avec des armes et des drapeaux de l'opposition, afin de trouver un guide avec qui traverser la frontière syrienne à partir de Kilis, en Turquie.

En entrevue avec La Presse Canadienne, M. Choquette a décrit l'article comme une attaque personnelle qui ne s'appuie sur aucune preuve ni faits établis. Il a aussi accusé son auteur, Ben Taub, d'avoir inventé une bonne partie de ce qu'il a écrit.

«Je ne suis pas de ceux qui carburent à l'adrénaline, j'ai 55 ans, a dit M. Choquette samedi. Je me suis préparé pendant des mois pour m'assurer de procéder de la façon la plus sûre possible.»

M. Choquette reconnaît qu'il n'avait pas d'expérience dans la région et que c'était la première fois qu'il tentait d'entrer en Syrie, mais il dit avoir tenu compte des avertissements d'autres journalistes quant aux risques encourus.

Seuls le guide syrien, les membres du Vulture Club, M. Taub et deux autres journalistes locaux étaient au courant de ses plans, a-t-il dit.

«Tout a été décidé la veille. J'ai pris rendez-vous avec le guide le soir précédent, à partir de mon hôtel à Kilis», a mentionné le photographe québécois.

M. Taub maintient sa version des événements et dit qu'il a expressément omis de nommer le photographe dans son article pour ne pas suggérer qu'il avait un lien direct avec l'enlèvement.

«Bien qu'il ait fait de Kilis une ville plus dangereuse qu'elle l'était déjà, plusieurs facteurs pourraient avoir mené à l'enlèvement, a dit M. Taub. C'était une ville dangereuse. Des gens étaient surveillés. Il y avait eu plusieurs disparitions récentes sur la route vers Alep. Il a un lien avec ce qui est arrivé, mais il ne peut pas en porter le blâme.»

M. Taub explique qu'il n'a pas donné à M. Choquette la chance de répondre aux allégations, car il pensait que le photographe allait probablement «diffuser de l'information qu'il ne devrait pas, et qui mettrait en danger d'autres personnes sur le terrain.»

M. Choquette a dit ne pas croire en l'explication de M. Taub.

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