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Nouvelle trêve d'une journée à Gaza

19/08/2014 05:02 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

Les négociations israélo-palestiniennes au Caire ont abouti à une nouvelle prolongation de la trêve, les deux parties se donnant jusqu'à mardi minuit pour parvenir à un cessez-le-feu durable à Gaza où plus de 2.000 Palestiniens ont été tués depuis le début juillet.

Dans l'enclave côtière, où des dizaines de milliers de maisons ont été écrasées sous les bombes et où des milliers de familles survivent désormais dans des conditions extrêmement précaires, ce nouveau sursis a été accueilli avec déception.

Les combats se sont arrêtés le 11 août mais depuis, la bande de Gaza, déjà étouffée par sept années de blocus israélien, retient son souffle à chaque nouvelle expiration d'une trêve.

Cette fois-ci, les délégations palestinienne et israélienne, poussées par le médiateur égyptien, se sont mis d'accord pour prolonger de 24 heures le cessez-le-feu.

Selon un responsable palestinien, elles reprennent leurs discussions à la mi-journée, par l'entremise des renseignements militaires égyptiens.

- Déception à Gaza -

Mais la crainte de voir les combats reprendre à tout moment commençaient à avoir raison de la patience des Gazaouis. "Les Israéliens sont bien tranquilles. Moi, ma maison a été détruite, je vis avec mon mari et mes enfants dans une école de l'ONU", s'indignait Manal Abou Abed, 40 ans.

Abdallah Hamouda, lui aussi déplacé, avouait "ne pas avoir dormi de la nuit dans l'attente d'un accord définitif de cessez-le-feu".

Comme à chaque approche de l'heure fatidique, les deux camps ont manié la menace.

"L'armée est prête à frapper avec force si les tirs reprennent", a prévenu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le gouvernement assure avoir déclenché une offensive sur Gaza justement pour mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes. Aussitôt, le Hamas dénonçait des "menaces sans aucune valeur".

Des déclarations belliqueuses sont régulièrement lancées par les deux camps qui, face à leurs opinions publiques extrêmement tendues depuis le début le 8 juillet du conflit, ne veulent rien céder de leurs exigences.

Les Palestiniens --représentés au Caire par une délégation comptant des responsables du Hamas, du Jihad islamique et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui chapeaute l'Autorité palestinienne-- affirment qu'ils ne signeront aucun accord qui ne prévoirait pas une levée du blocus de Gaza. Les Israéliens font eux de la démilitarisation de l'enclave une condition sine qua non à sa reconstruction.

- Accord a minima -

La proposition égyptienne de cessez-le-feu, dont l'AFP a pu consulter une copie, propose un accord sur les points les moins sensibles. Ainsi, la zone de pêche des Gazaouis serait élargie de trois à 12 miles nautiques, les points de passage seraient rouverts, les zones tampons à l'intérieur du territoire disparaîtraient et Israël aiderait à l'aide humanitaire et aux réparations.

La clé de cet accord repose sur un point: la gestion de la sécurité et des futures discussions serait confiée à l'Autorité palestinienne, derrière laquelle le Hamas --qui a pris le contrôle de Gaza en 2007 par la force-- s'effacerait.

Israël affirme régulièrement ne vouloir discuter qu'avec l'Autorité palestinienne. Les rivaux historiques, Hamas et OLP, ont récemment signé un accord de réconciliation et formé un gouvernement d'union nationale, composé de personnalités indépendantes. Si cet accord est effectivement accepté puis mis en place, il signifiera dans les faits le retour de l'Autorité palestinienne à Gaza.

Son président, Mahmoud Abbas, se rendra mercredi soir à Doha pour rencontrer l'émir du Qatar, grand allié du Hamas, et Khaled Mechaal, le chef du mouvement islamiste.

- Port et aéroport, principale pomme de discorde -

Des sujets aussi épineux que l'ouverture d'un port et d'un aéroport, à laquelle les Israéliens sont opposés, ou la restitution des corps de deux soldats israéliens morts en échange de la libération de détenus palestiniens, devraient, eux, être de nouveau discutés dans un mois.

Une source palestinienne proche des négociations a affirmé mardi à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que "les négociations avaient échoué lundi soir parce que les Israéliens avaient refusé d'inclure le port et l'aéroport dans l'accord". "Les Egyptiens ont alors ajouté la clause prévoyant un report des discussions à ce sujet pour éviter qu'Israël ne ressorte le dossier des armes et des roquettes", a ajouté cette source.

Israël "joue la montre", a accusé M. Abou Zouhri, affirmant à l'AFP que "le Hamas est prêt à faire face à toutes les possibilités", tandis que Daoud Chihab, porte-parole du Jihad islamique, a prévenu que "l'intransigeance israélienne force les Palestiniens et la +résistance+ à faire valoir leur droit à se défendre".

Côté israélien, la proposition du Caire pourrait ne pas convenir aux "faucons" du gouvernement qui font pression sur M. Netanyahu. Ce dernier "hésiterait" d'ailleurs, selon la radio militaire israélienne, à présenter ce plan en l'état mardi pour un vote au cabinet de sécurité de crainte qu'il ne soit rejeté.

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