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Des millions de dollars d'armes affluent au Soudan du Sud (experts)

19/08/2014 10:35 EDT | Actualisé 19/10/2014 05:12 EDT

Des cargaisons d'armes, d'une valeur de plusieurs millions de dollars, ont inondé le Soudan du Sud depuis que l'actuel conflit a éclaté mi-décembre dans la plus jeune nation du monde, ont indiqué mardi des experts en armement.

"Depuis le début du conflit, il y a eu un afflux d'armes dans le pays, comparé à la période qui a suivi l'indépendance", proclamée en juillet 2011 à l'issue de décennies de conflit avec Khartoum, a déclaré Jonah Leff, qui dirige l'organisme spécialisé Conflit Armament Research.

"Ces flux (d'armes)ont coûté plus cher et étaient plus sophistiqués", comprenant notamment des armes antichars, a-t-il précisé à l'AFP.

Plusieurs ONG ont appelé à un embargo sur les armes pour mettre fin aux combats, accompagnés de massacres ethniques, qui ont déjà fait des milliers voire des dizaines de milliers de morts et chassé de chez eux plus de 1,5 million de personnes.

L'armée sud-soudanaise a pris livraison en juin d'une cargaison d'armement, valant 38 millions de dollars, commandée à la Chine avant le début du conflit et comprenant notamment des missiles antichars, des lance-grenade, des fusils d'assaut et des munitions.

Selon Jonah Leff, cela ne représente qu'une partie des armes entrées dans le pays depuis décembre.

La Chine, membre du Conseil de sécurité de l'ONU, a massivement investi dans le secteur pétrolier sud-soudanais, en partie à l'arrêt en raison du conflit, et soutient les pourparlers de paix, jusqu'ici infructueux, en cours à Addis Abeba, sous l'égide de l'Igad, organisation intergouvernementale est-africaine.

La livraison chinoise a transité par le Kenya, membre de l'Igad et voisin du Soudan du Sud enclavé. L'Ouganda, autre voisin du Soudan du Sud et autre membre de l'Igad, intervient militairement au côté du gouvernement sud-soudanais.

L'armée sud-soudanaise, fidèle au président Salva Kiir, comme la rebellion menée par son ancien vice-président Riek Machar, utilisent des armes et munitions venant du Soudan, un des principaux fabricants d'Afrique.

La plupart des armes des troupes rebelles - largement composées de soldats mutins - proviennent de stocks pillés de l'armée et elles ne semblent pas avoir reçu d'importantes cargaisons d'armes, selon les spécialistes.

En revanche, les troupes "ont besoin de réapprovisionnement constant en munitions" et de nombreuses munitions traversent les frontières, a souligné M. Leff.

Les deux camps ont signé plusieurs cessez-le-feu, jamais respectés, dans lesquels ils s'engageaient à ne pas se réarmer.

Ces afflux d'armes "alimentent des atrocités supplémentaires", a estimé Elizabeth Deng, d'Amnesty International.

Le conflit a éclaté le 15 décembre 2013 au sein de l'armée sud-soudanaise, minée par des antagonismes politico-ethniques exacerbés par la rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar à la tête du régime.

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