POLITIQUE

Denis Coderre furieux après les perturbations à l'hôtel de ville

19/08/2014 09:53 EDT | Actualisé 19/10/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

« Je me retiens », a dit le maire de Montréal Denis Coderre pour illustrer à quel point les perturbations d'hier soir à l'hôtel de ville le mettent en colère.

« C'est une atteinte à la démocratie », a-t-il martelé à plusieurs reprises au cours d'une entrevue sur les ondes d'ICI RDI, ce matin.

« Il y a des gens qui ont lancé des verres. Ça, c'est une agression armée », s'est indigné le maire avant de souligner qu'une conseillère a bel et bien été atteinte par des verres et qu'une femme présente au conseil municipal est enceinte. « Imaginez ce qui aurait pu arriver. »

Pour M. Coderre, il est inacceptable d'empêcher des gens démocratiquement élus de siéger. « Il va y avoir des conséquences », a-t-il promis.

M. Coderre remet en question la sincérité des représentants syndicaux qui disent avoir perdu le contrôle de leurs troupes et déplorer les débordements d'hier, mais qui étaient présents lors des événements. Selon le maire, le président de l'Association des pompiers de Montréal Ronald Martin, a été vu en train d'inciter les manifestants à entrer dans l'hôtel de ville.

Le maire se montre peu convaincu par les affirmations de Michel Parent, président du Syndicat des cols bleus de Montréal, qui dit que ses membres s'étaient rendus sur place afin de signer le registre et s'adresser au maire afin d'obtenir une copie du mémoire qui sera déposé demain en commission parlementaire sur le projet de loi 3.

Selon M. Coderre, Michel Parent était le premier en liste à pouvoir poser une question, mais « ne s'est jamais montré la face » au moment où il aurait dû.

Luc Ferrandez, maire de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal, rejette lui aussi la version des représentants syndicaux. « La violence commence avant. La violence commence dans le discours. »

« On identifie le fonds de pensions comme l'élément central de la justification du travail de tout le monde. [...] Tout à coup, c'est plus important que tout. Tu peux faire n'importe quoi, tu peux saccager, dégrader l'espace public », analyse M. Ferrandez.

En réponse aux doléances des représentants qui se plaignent du manque de discussion réelle avec la classe politique, Denis Coderre dit avoir discuté avec tous les représentants. « On n'embarquera pas dans leur cassette ce matin », a-t-il coupé.

Le travail des policiers sous la loupe

Selon M. Coderre, certaines interventions policières ont eu lieu au cours de la soirée, mais le travail a été insuffisant. Il dit donc avoir demandé des explications au chef de la police et avoir rencontré des enquêteurs afin d'aborder le problème de façon « factuelle ».

Pour le maire, « toutes les options sont sur la table » afin de voir comment gérer les situations comme celle-ci, où les policiers se retrouvent à devoir intervenir auprès de manifestants qui défendent la même cause qu'eux. Il ne rejette pas l'idée de demander à un autre corps policier, comme la Sûreté du Québec.

Moreau condamne aussi

Le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau a trouvé « inacceptables » les gestes des manifestants.

En entrevue à l'émission C'est pas trop tôt!, le ministre a indiqué que de tels coups d'éclat ne feraient pas reculer le gouvernement dans ses intentions. « La situation financière des régimes est précaire », a-t-il martelé. Il est vrai que les syndiqués n'ont « rien volé », comme le soutient leur slogan, mais la situation démographique et économique exige un nouveau partage des cotisations, estime M. Moreau.

Le ministre ajoute qu'il évaluera sérieusement les propositions des syndicats lors de la commission parlementaire, qui s'ouvrira mercredi. Mais selon lui, la manifestation d'hier n'a rien apporté au débat.