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Une nouvelle trêve est entrée en vigueur à Gaza jusqu'à mardi minuit

18/08/2014 06:24 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

Un nouveau cessez-le-feu est entré en vigueur dans la bande de Gaza pour 24 heures jusqu'à mardi minuit (21H00 GMT), aux termes d'un accord obtenu in extremis au Caire entre Israéliens et Palestiniens.

Les délégués des deux camps qui négocient au Caire par l'entremise des Egyptiens "se sont mis d'accord pour prolonger de 24 heures" le cessez-le-feu, a annoncé un haut responsable palestinien au Caire lundi soir, une heure seulement avant minuit et l'expiration de la trêve en cours.

Un responsable israélien a ensuite, sous couvert de l'anonymat également, confirmé cette prorogation, convenue, a-t-il dit, "à la demande de l'Egypte, pour permettre la poursuite des négociations".

Au-delà de la prolongation annoncée, on ignore l'état des discussions censées produire non plus une pause limitée, mais une trêve durable entre des parties aux exigences apparemment inconciliables.

L'incertitude est restée totale jusqu'au dernier moment sur une prolongation du cessez-le-feu observé depuis le 11 août, après des hostilités qui ont fait plus de 2.000 morts côté palestinien et près de 70 côté israélien en un mois.

Tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu faisait monter la pression en public, des informations en provenance du Caire faisaient état d'avancées et de consultations sur une proposition égyptienne.

"Nous sommes prêts à tous les scénarios (...) L'armée est prête à frapper avec force si les tirs reprennent", a prévenu M. Netanyahu.

"Les menaces de Netanyahu n'ont aucune valeur", a répliqué un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.

- 'On a fait des progrès' -

Peu après cependant, un haut responsable de la délégation palestinienne indiquait que les Egyptiens avaient soumis "un projet qui a été accueilli avec beaucoup de souplesse par les deux parties. On a fait des progrès".

Les Israéliens et les islamistes palestiniens du Hamas qui contrôlent Gaza avancent des exigences aussi difficilement compatibles que la démilitarisation de l'enclave pour les premiers, la levée du blocus israélien pour les seconds.

Le Hamas, auquel Israël vient de livrer bataille dans la bande de Gaza négocie au Caire au sein d'une délégation comprenant le Jihad islamique et le Fatah du président Mahmoud Abbas.

Israël et le Hamas ainsi que les autres organisations palestiniennes discutent à présent au Caire d'une proposition égyptiennne par laquelle les belligérants s'engageraient à un arrêt total des hostilités, mais qui prévoit aussi une série de dispositions touchant à la réouverture de la bande de Gaza, asphyxiée économiquement par un blocus israélien, selon un document que l'AFP a consulté.

Selon ce texte, les frontières entre Israël et Gaza seraient ouvertes plus largement; les zones tampons à l'intérieur du territoire disparaîtraient; les zones de pêche des Gazaouis seraient étendues de six à douze miles nautiques au moins; Israël aiderait à l'aide humanitaire et aux réparations; l'Autorité palestinienne dirigerait en coordination avec Israël et les organisations internationales l'entrée dans le territoire des matériaux nécessaires à la reconstruction, une disposition semble-t-il destinée à rassurer Israël, inquiet d'un détournement de ces matériaux pour lui nuire.

Des sujets aussi épineux que l'ouverture d'un port et d'un aéroport, à laquelle les Israéliens sont opposés, ou la restitution des corps de deux soldats israéliens morts en échange de la libération de détenus palestiniens, seraient remis à un mois, "après le retour du calme et de la stabilité".

- Une 'deuxième chance' aux discussions -

Les Israéliens et les Palestiniens s'engageraient globalement à cesser toutes les hostilités, et plus précisément pour les Palestiniens à cesser de construire des tunnels débouchant en Israël et de tirer des roquettes.

La question est de savoir si les uns et les autres s'accorderont dans les 24 heures sur une formule qui leur convienne.

Tout le monde ne semblait pas y trouver son compte. "Les négociations ont rencontré des difficultés à cause de l'obstination de l'occupant", Israël, a dit Ezzat al-Rishq, un haut responsable du Hamas, la trêve a été prolongée "parce que les médiateurs (égyptiens) l'ont demandé pour donner une deuxième chance" aux négociations.

Selon la radio militaire israélienne, Benjamin Netanyahu "hésite" pour sa part à présenter ce plan en l'état mardi pour un vote au cabinet de sécurité de crainte qu'ils soit rejeté. Le plan mis au point en Egypte ne prévoierait pas le type de démilitarisation de la bande de Gaza que le Premier ministre, soumis aux pressions des "faucons" de sa majorité tel le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman, n'a cessé d'exiger.

Un échec des négociations ne signifierait toutefois pas nécessairement une reprise immédiate des hostilités. L'idée d'une cessation de fait des combats sans accord de cessez-le-feu est dans l'air depuis quelque temps en Israël.

Mais chacun des protagonistes est conscient que, sans accord de fond, les hostilités pourraient vite reprendre dans un territoire qui subit sa troisième guerre en six ans.

Les autorités sanitaires de l'enclave palestinienne ont rappelé l'un des enjeux majeurs en annonçant que le bilan humain de l'offensive lancée par Israël le 8 juillet est monté à 2.016 morts palestiniens à Gaza où, malgré le cessez-le-feu, de nouveaux corps ont été découverts dans les décombres du territoire dévasté et des victimes ont succombé à leurs blessures.

Parmi les morts figurent 541 enfants et 250 femmes, a précisé le ministère de la Santé.

Dans le camp opposé, 64 soldats israéliens ont été tués, dont cinq par des "tirs amis" venus de leurs rangs, ainsi que trois civils.

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