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Un nouveau compte à rebours est lancé dans la bande de Gaza

18/08/2014 06:17 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

Les négociateurs israéliens et palestiniens n'ont plus que quelques heures pour faire mentir un pessimisme largement répandu et s'entendre avant lundi minuit sur une prolongation du cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Gaza.

Israéliens et Palestiniens devaient reprendre vers midi les discussions indirectes engagées la veille au Caire avec l'entremise des Egyptiens.

Il s'agit pour les deux ennemis, Israël et le Hamas, qui négocie au Caire au sein d'une délégation comprenant également d'autres organisations palestiniennes, d'essayer de transformer en trêve permanente le cessez-le-feu observé depuis le 11 août au matin.

Israéliens et Palestiniens forment des exigences aussi apparemment inconciliables que la démilitarisation du territoire pour les premiers, la levée du blocus israélien pour les seconds.

Les autorités sanitaires de la bande de Gaza ont rappelé l'un des enjeux majeurs des discussions en annonçant que le bilan humain de l'opération "Bordure protectrice" lancée par Israël le 8 juillet dépassait désormais les 2.000 morts palestiniens.

Même si les combats ont cessé depuis le 11 août, des Palestiniens continuent à succomber à leurs blessures dans la bande de Gaza ou à l'extérieur, d'autres à être sortis des décombres.

- Mises en garde d'Israël et du Hamas -

Ce sont donc 2.016 Palestiniens qui ont été tués; 541 sont des enfants et 250 des femmes; 10.196 ont été blessés, a indiqué le ministère de la Santé.

La guerre a tué 64 soldats et trois civils côté israélien.

La plus grande incertitude règne sur la faculté des délégués palestiniens et israéliens à s'accorder au Caire sur une trêve prolongée. La reprise des discussions dimanche a été accompagnée de part et d'autres de nouvelles mises en garde combatives.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rappelé dimanche l'exigence primordiale d'Israël: le rétablissement de sa sécurité. "Tant que le calme ne sera pas rétabli, le Hamas continuera à souffrir". Il n'y aura d'accord que si les Israéliens obtiennent une réponse claire à leurs exigences de sécurité, a-t-il prévenu.

Le Hamas, pour sa part, continue à brandir la menace de reprise des hostilités en cas d'échec des négociations. Il persiste à faire de la levée du blocus israélien la condition sine qua non d'un éventuel accord.

Le Hamas, l'organisation islamiste qui contrôle la bande de Gaza, s'inscrit au Caire dans une délégation qui comprend le Jihad islamique et le Fatah du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Un échec des négociations ne signifierait pas nécessairement une reprise immédiate des hostilités. L'idée d'une cessation de fait des combats sans accord de cessez-le-feu est dans l'air depuis quelque temps en Israël.

- Trafic ferroviaire interrompu -

Le ministère israélien de la Défense a quand même pris les devants en ordonnant d'interrompre jusqu'à nouvel ordre le trafic ferroviaire entre Ashkelon et Sderot, deux villes du sud proches de la bande de Gaza de crainte d'attaques palestiniennes à la roquette, après, voire avant l'expiration de la trêve.

Israël a aussi commencé à prendre des mesures unilatérales, comme devançant un échec des pourparlers.

Il a ainsi annoncé dimanche avoir autorisé les pêcheurs de Gaza à reprendre leur activité, interrompue depuis le début du conflit, jusqu'à trois miles nautiques au large de Gaza. Différents responsables évoquaient aussi l'acheminement d'aide humanitaire à Gaza, avec ou sans accord.

"Nous n'avons pas besoin du Hamas pour assurer les besoins humanitaires de la bande de Gaza", a dit à la radio publique Naftali Bennett, ministre de l'Economie, membre du cabinet de sécurité et chef du Foyer Juif, un parti nationaliste religieux.

- Abbas à Doha -

"Il faut arrêter les négociations avec le Hamas et prendre notre destin en mains", a-t-il dit en soulignant que l'absence d'accord permettrait à Israël de frapper, si besoin est, les dirigeants du Hamas comme le chef militaire Mohammed Deïf, les centres de production de roquettes ou les tunnels de l'organisation.

La tâche des négociateurs est compliquée par la multiplicité des acteurs palestiniens.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devait se rendre à Doha pour y rencontrer mardi le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal ainsi que cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, l'émir du Qatar, allié crucial du Hamas.

Les différentes informations filtrant du Caire font état de discussions, au-delà du cessez-le-feu, sur: l'ouverture plus large des postes frontières israéliens au trafic des biens et des personnes; la réouverture du point de passage de Rafah avec l'Egypte; le rôle dévolu à l'Autorité palestinienne et à une supervision internationale aux frontières; une extension des zones de pêche des Gazaouis; une réduction de la zone tampon à la frontière avec Israël; les modalités de transferts d'argent.

Des sujets aussi épineux que l'ouverture d'un port et d'un aéroport à laquelle les Israéliens sont opposés, ou la restitution des corps de deux soldats israéliens morts en échange de la libération de détenus palestiniens pourraient être remis à plus tard.

bur-lal/feb

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