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Ukraine: de "nombreux" réfugiés tués dans des tirs, la diplomatie infructueuse

18/08/2014 08:00 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

Kiev a affirmé lundi que les insurgés prorusses avaient tiré sur une colonne de réfugiés causant "de nombreux morts" civils, alors que Moscou n'a vu aucun progrès substantiel dans les discussions diplomatiques après une rencontre infructueuse dimanche à Berlin.

Les rebelles ont "tiré sur une colonne de réfugiés près de Lougansk sur la route entre Khriachtchouvate et Novosvitlivka avec des (lance-roquettes multiples) Grad et des mortiers livrés par la Russie", a affirmé le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko.

"Beaucoup de civils ont été tués dont des femmes et des enfants", a-t-il ajouté.

Selon M. Lyssenko, cette colonne de réfugiés a emprunté un couloir humanitaire au nord de Lougansk, bastion des insurgés prorusses, par lequel plus de 1.800 personnes ont fui la ville en deux jours. Elle est ensuite tombée "en pleine zone de combats" alors que les rebelles menaient une contre-offensive contre les forces gouvernementales dans la localité de Khriachtchouvate.

Il a par ailleurs fait état de neuf soldats ukrainiens tués et 20 blessés en 24 heures dans l'Est, alors qu'une opération militaire est en cours pour reprendre aux insurgés leur fief de Lougansk.

- 'Pas de place pour un compromis' -

Sur le front diplomatique, peu de progrès ont été faits lors de la réunion dimanche à Berlin entre des chefs de la diplomatique ukrainien, russe, français et allemand.

Moscou a déploré l'absence d'avancées sur un règlement politique du conflit.

Kiev a de son côté prévenu que les discussions risquaient d'être longues avec la Russie "pour sortir du statu quo" dans le conflit qui secoue l'est de l'Ukraine depuis plus de quatre mois.

"Il n'y a pas de place pour un compromis si l'État doit franchir sa ligne rouge. L'Ukraine ne l'a pas franchie. Nous avons senti le soutien de nos partenaires" français et allemand, a écrit sur Twitter M. Klimkine.

Il n'a pas expliqué ce qu'il voulait dire par "ligne rouge" mais dans le passé le président Petro Porochenko a déclaré qu'il ne pouvait pas y avoir de négociations avec les "terroristes" armés dans l'Est, ni de compromis avec Moscou sur la Crimée rattachée en mars à la Russie et le choix proeuropéen de Kiev.

Selon le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, les Ukrainiens ont notamment exigé que Moscou assure "l'impénétrabilité de la frontière", par laquelle transite selon Kiev du matériel et des combattants pour renforcer les insurgés prorusses.

"Quatre points ont été abordés: le cessez-le-feu, le contrôle de la frontière, l'aide humanitaire et le processus politique. Des progrès ont été enregistrés mais le contexte est difficile", a confirmé à l'AFP une source diplomatique française, ajoutant que les ministres devaient désormais "en parler à leurs présidents".

- La sécurité du convoi russe en question -

Cette réunion s'est déroulée dans un contexte de plus en plus difficile dans l'est de l'Ukraine, où le bastion insurgé de Donetsk, assiégé par l'armée ukrainienne, se voit à son tour privé d'eau courante après que des tirs ont endommagé une ligne électrique qui alimente sa principale usine de traitement d'eau.

Les autorités locales ont demandé lundi à ceux qui possèdent des puits de les mettre à disposition du plus grand nombre.

Les habitants de la ville faisaient la queue lundi matin devant les magasins qui vendent de l'eau minérale au litre à condition d'amener ses propres bouteilles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Après une nuit relativement calme, les tirs d'artillerie ont par ailleurs repris dans la matinée, endommageant le réseau électrique, selon les autorités locales.

A Lougansk, autre bastion des rebelles prorusse également encerclé par les forces ukrainiennes, l'eau courante, l'électricité et le réseau téléphonique sont déjà coupés depuis plus de deux semaines et tous les accès à la ville sont fermés.

Le convoi d'aide humanitaire russe destiné aux populations de l'Est victimes de combats était lui toujours bloqué lundi matin à la frontière pour la cinquième journée consécutive, malgré un accord trouvé samedi entre Kiev et Moscou sur les modalités d'inspection des quelques 300 camions apportant, selon la Russie, 1.800 tonnes d'aide pour les populations victimes du conflit.

Un responsable de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur place, Paul Picard, a indiqué à l'AFP qu'il restait "à assurer les conditions de sécurité" du convoi.

Kiev a auparavant affirmé que la sécurité du convoi, qui doit traverser des zones soumises aux affrontements, était sous l'entière responsabilité de la Russie.

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