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Thaïlande: deux étudiants emprisonnés pour une pièce de théâtre lèse-majesté

18/08/2014 07:49 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

Des ONG se sont mobilisées lundi pour demander la libération de deux étudiants emprisonnés en Thaïlande pour une pièce de théâtre considérée comme lèse-majesté, dans le royaume où la junte militaire au pouvoir depuis un coup d'Etat en mai se voit en défenseur de la monarchie.

"Ils sont accusés de lèse-majesté pour une pièce qu'ils ont jouée en octobre 2013. Ils y ont exprimé une opinion politique", explique l'association Human Rights Lawyers, qui a mobilisé des avocats pour défendre les deux étudiants.

L'ONG Asian Human Rights Commission s'est également dite "très inquiète" lundi de ces arrestations, y voyant le signe d'une "hausse depuis le coup d'Etat" des affaires de lèse-majesté.

La police a confirmé à l'AFP l'existence du dossier, sans souhaiter donner de précisions sur cette "affaire secrète".

La pièce mettait en scène un roi évoquant la situation politique. Intitulée "La fiancée du loup" ("Jao Sao Ma Pa" en thaï), elle avait été jouée à la prestigieuse université Thammasat de Bangkok, pour commémorer le soulèvement étudiant d'octobre 1973, réprimé dans le sang par l'armée.

Le premier étudiant, âgé de 23 ans, a été interpellé vendredi dernier lors d'une convocation dans un camp militaire de la province de Khon Kaen (est), routine pour les opposants depuis le coup d'Etat du 22 mai, selon l'association d'avocats.

L'étudiante de 25 ans a été quant à elle interpellée samedi à l'aéroport alors qu'elle s'apprêtait à quitter la Thaïlande pour aller travailler en Australie.

Le roi de Thaïlande, Bhumibol, 86 ans, jouit auprès de nombreux de ses sujets d'un statut de demi-dieu. Et si la famille royale n'a aucun rôle politique officiel, elle est protégée par une des législations les plus sévères du monde.

Un musicien de 28 ans a ainsi été condamné fin juillet à quinze ans de prison pour des propos jugés insultants envers la monarchie.

Mi-juillet, c'est un homme d'affaires qui a été condamné en appel à cinq ans de prison.

Avant le coup d'Etat, les appels à une réforme de la législation sur le crime de lèse-majesté s'étaient multipliés, mais des universitaires réclamant un vrai débat sur cette question ont fait partie de centaines de personnes convoquées par la junte et détenues plusieurs jours dans des lieux tenus secrets.

ju-dth/pt

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