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Sénégal: la Cour spéciale jugeant Karim Wade "compétente" pour le procès

18/08/2014 12:35 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

La Cour spéciale chargée de juger Karim Wade, fils de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, pour enrichissement illicite présumé, s'est déclarée lundi "compétente", après avoir été récusée par les avocats de la défense, a constaté un journaliste de l'AFP.

"La Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI) est compétente pour juger Karim Wade et ses supposés complices. Elle rejette" l'argumentation des avocats de la défense, a déclaré son président Henri Grégoire Diop.

Les débats avaient été suspendus le 6 août pour délibérer sur la demande de récusation de la CREI par les avocats de Karim Wade, présent à l'audience lundi avec de nombreux partisans.

Les conseils de M. Wade avaient estimé que la CREI est "incompétente pour juger" leur client.

Ils avaient invoqué "le privilège de juridiction" dont il doit, selon eux, bénéficier en tant qu'ancien ministre, à ce titre passible de la Haute Cour de justice, une autre juridiction spéciale.

Ils avaient également évoqué "la disparition expresse et tacite" de la CREI, "tombée en désuétude".

Cette juridiction, créée en 1981 et en dormance pendant plusieurs années, a été réactivée par le président Macky Sall, qui a succédé en avril 2012 à Abdoulaye Wade (2000-2012).

L'audience a porté lundi sur la bataille de procédure entamée depuis le début, le 31 juillet, d'un procès qui pourrait durer plusieurs mois, selon les différentes parties.

Les avocats de Karim Wade sont revenus lundi sur sept recours, contestant notamment toujours la CREI et aussi l'un des représentants du ministère public. Ces recours, déposés devant la Cour suprême doivent, selon eux, être tranchés au préalable pour savoir si le procès va continuer ou s'arrêter.

Karim Wade, en détention préventive depuis avril 2013, est accusé d'avoir illégalement acquis 178 millions d'euros par le biais de montages financiers complexes du temps où il était conseiller puis ministre de son père.

Selon l'accusation, cette somme se trouverait aujourd'hui dans des paradis fiscaux, dont Monaco et Singapour. Mais d'après les avocats de Karim Wade, près de la moitié correspond à un compte à Singapour dont il est avéré qu'il ne lui appartient pas.

D'après la défense, son patrimoine est d'environ deux millions d'euros, gagnés pour l'essentiel quand il était trader en Europe avant de travailler auprès de son père.

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