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Kiev envisage de longues discussions avec Moscou, plus d'eau à Donetsk

18/08/2014 05:15 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

Kiev a prévenu lundi que les discussions seront longues avec la Russie pour tenter de trouver une sortie diplomatique au conflit qui secoue l'est de l'Ukraine dont le chef-lieu et bastion des séparatistes Donetsk est privé d'eau courante.

Après cinq heures de discussion "difficile" à Berlin dimanche, le ministre des Affaires étrangères ukrainien Pavlo Klimkine s'est dit prêt à de longs pourparlers avec son homologue russe Sergueï Lavrov "pour sortir du statu quo" dans l'est de l'Ukraine, où s'affrontent depuis plus de quatre mois insurgés prorusses et forces gouvernementales.

"Il n'y a pas de place pour un compromis si l'État doit franchir sa ligne rouge. L'Ukraine ne l'a pas franchie. Nous avons senti le soutien de nos partenaires" français et allemand, a écrit sur Twitter M. Klimkine lundi sans plus de précisions.

La Russie a pour sa part fait état de "certains progrès" lors de cette réunion avec les chefs de la diplomatie ukrainienne, française et allemande, mais a déploré l'absence d'avancées sur un éventuel cessez-le-feu inconditionnel dans l'Est et sur un règlement politique du conflit.

Selon M. Lavrov, les Ukrainiens ont notamment exigé que Moscou assure "l'impénétrabilité de la frontière", par laquelle transite selon Kiev du matériel et des combattants pour renforcer les insurgés prorusses.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, avait déjà fait état la veille de "progrès sur certains points", sans plus de précisions.

"Quatre points ont été abordés: le cessez-le-feu, le contrôle de la frontière, l'aide humanitaire et le processus politique. Des progrès ont été enregistrés mais le contexte est difficile", a confirmé à l'AFP une source diplomatique française, ajoutant que les ministres devaient désormais "en parler à leurs présidents".

- 'Mesures urgentes' à Donetsk -

Cette réunion diplomatique intervient dans un contexte de plus en plus difficile dans l'est de l'Ukraine, où le bastion insurgé de Donetsk, assiégé par l'armée ukrainienne, se voit à son tour privé d'eau courante après que des tirs ont endommagé une ligne électrique qui alimente sa principale usine de traitement d'eau.

Les autorités locales, qui ont pris des "mesures urgentes" pour assurer l'approvisionnement des habitants en eau, ont également demandé à ceux qui possèdent des puits de les mettre à disposition au plus grand nombre.

Les habitants de la ville faisaient la queue lundi matin devant les magasins qui vendent de l'eau minérale au litre à condition d'amener ses propres bouteilles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Zone à faible précipitations et soumis à une forte chaleur depuis plusieurs semaines, Donetsk est fortement dépendante d'un canal construit pendant la période soviétique pour son approvisionnement en eau. Certains quartiers étaient déjà auparavant victimes de coupures sporadiques ou soumis à des rationnements en eau.

Après une nuit relativement calme, les tirs d'artillerie ont par ailleurs repris dans la matinée, endommageant le réseau électrique, selon les autorités locales.

A Lougansk, autre bastion des rebelles prorusse également encerclé par les forces ukrainiennes, l'eau courante, l'électricité et le réseau téléphonique sont déjà coupés depuis plus de deux semaines et tous les accès à la ville sont fermés.

- Toujours pas d'inspection du convoi russe -

Le convoi d'aide humanitaire russe était lui toujours bloqué lundi matin à la frontière, malgré un accord trouvé samedi entre les autorités ukrainiennes et Moscou sur les modalités d'inspection des quelques 300 camions apportant, selon la Russie, 1.800 tonnes d'aide pour les populations victimes du conflit.

L'inspection doit être menée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les autorités ukrainiennes.

Un responsable de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur place, Paul Picard, a indiqué à l'AFP qu'une réunion avait eu lieu lundi matin au point-frontière de Donetsk, en Russie, entre les deux parties et la Croix-Rouge.

"Tout se précise mais il reste à assurer les conditions de sécurité" du convoi, a déclaré M. Picard.

Plusieurs dizaines de camions russes bloqués depuis jeudi à une trentaine de kilomètres de la frontière, dans la localité russe de Kamensk-Chakhtinski, sont néanmoins arrivés dimanche et lundi au poste-frontière russe de Donetsk.

Kiev a affirmé que la sécurité du convoi, qui doit traverser des zones soumises aux affrontements, était sous l'entière responsabilité de la Russie. Moscou a pour sa part insisté sur la nécessité d'un cessez-le-feu pour garantir sa sécurité.

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