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Turquie : inauguration controversée d'une statue d'un ancien commandant du PKK

17/08/2014 12:56 EDT | Actualisé 17/10/2014 05:12 EDT

La statue d'un ancien commandant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui avait planifié les premières attaques de l'insurrection armée contre les autorités turques lancée en 1984, a été inaugurée dimanche dans le sud-est de la Turquie.

La sculpture à l'effigie de Mahsum Korkmaz, tué en 1986, a été érigée à Yolacti, village de la province à majorité kurde de Diyarbakir (sud-est de la Turquie), dans un cimetière réservé aux combattants du PKK, en présence de responsables politiques locaux.

L'oeuvre représente M. Korkmaz en tenue de combat, tenant un fusil d'assaut à son côté, d'après les photos publiées par le quotidien turc Milliyet.

La cérémonie s'est déroulée trente ans, presque jour pour jour, après l'attaque des villes d'Eruh et de Semdinli, le 15 août 1984, qui avait marqué le début du conflit contre les autorités turques.

M. Korkmaz, alors connu sous le pseudonyme d'Agit, avait participé à la planification de ces attaques. Depuis sa mort, il est célébré en martyr par des Kurdes en quête d'autonomie.

L'événement a rendu furieux les nationalistes turcs, qui ont dénoncé un effet non désiré de la politique de Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre depuis 2003 et élu président de la République turque le 10 août, qui avait accordé davantage de droits à la minorité kurde.

Devlet Bahceli, chef du Parti d'action nationaliste (MHP, extrême droite), y a un "défi manifeste à nos droits moraux et historiques".

"La nation turque devrait voir le grave danger (...) et ne devrait pas oublier que, si une statue du PKK est érigée aujourd'hui, alors demain le pays sera divisé et l'Etat s'effondrera", a-t-il mis en garde dimanche dans un communiqué.

Cette controverse a éclaté alors qu'Abdullah Ocalan, chef du PKK incarcéré depuis 1999, a indiqué dans un communiqué samedi que le conflit en cours depuis trente ans "touchait à sa fin".

Istanbul essaye de redémarrer un processus de paix au point mort avec les rebelles du PKK, pour mettre fin aux affrontements qui ont coûté la vie à quelque 40.000 personnes en trente ans.

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