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L'Allemand Steinmeier contre "un Etat indépendant des Kurdes" en Irak

17/08/2014 05:00 EDT | Actualisé 16/10/2014 05:12 EDT

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s'est prononcé dimanche contre "un Etat indépendant des Kurdes" en Irak, pour ne pas déstabiliser le pays plus qu'il ne l'est déjà.

"Un Etat indépendant des Kurdes déstabiliserait un peu plus la région et ferait naître de nouvelles tensions, possiblement avec l'Etat voisin irakien aussi", a expliqué le ministre social-démocrate dans une interview au quotidien Bild.

Il a également espéré "que l'on réussisse à préserver l'intégrité territoriale de l'Irak".

Le Kurdistan est déjà une région autonome en Irak, dont les combattants sont actuellement le seul rempart à la progression des jihadistes de l'Etat islamique (EI) dans le pays. Le président de la région, Massoud Barzani, réclame des armes lourdes aux Occidentaux pour mener sa résistance.

De retour de sa visite dans la région samedi, Frank-Walter Steinmeier a estimé que "la formation d'un nouveau gouvernement à Bagdad sous la conduite du nouveau Premier ministre al-Abadi (...) est peut-être la dernière chance pour l'unité de l'Etat irakien".

Frank-Walter Steinmeier avait la veille qualifié Haïdar al-Abadi de "petite lueur d'espoir" pour le pays, lors de sa rencontre officielle avec lui.

M. al-Abadi a récemment été nommé après le retrait de son prédécesseur, Nouri al-Maliki. Après huit années au pouvoir, ce chiite était très contesté en Irak à cause de la politique autoritaire qu'il a menée à l'encontre de la minorité sunnite du pays.

L'Irak attend désormais la formation d'un gouvernement d'union nationale par le nouveau Premier ministre al-Abadi.

De son côté, l'Allemagne est prête à soutenir une intervention en Irak sous l'égide des Nations-Unies, a affirmé dimanche l'hebdomadaire Der Spiegel, qui explique tenir son information de l'entourage du gouvernement.

"Le gouvernement fédéral saluerait (l'envoi d')une mission internationale dans le nord de l'Irak et il la soutiendrait. (...) La condition principale est évidemment une décision conforme de la part du Conseil de sécurité de l'ONU", explique le magazine dans ses colonnes.

L'ONU a adopté vendredi soir une résolution pour contrer la progression fulgurante des jihadistes en Irak, sans toutefois permettre une intervention militaire. Une hypothèse qui paraît hautement improbable, au vu des résistances russe et chinoise sur la question.

La résolution du Conseil de sécurité, adoptée peu après le retrait du Premier ministre sortant Nouri al-Maliki, réclame le désarmement et la dissolution immédiats de l'Etat islamique (EI) ainsi que du Front al-Nosra en Syrie, et des autres formations liées à al-Qaïda.

rfo/ml

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