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Brésil : la dictature voulait éliminer le cinéaste Glauber Rocha

16/08/2014 11:48 EDT | Actualisé 16/10/2014 05:12 EDT

Le cinéaste brésilien, Glauber Rocha, figure de proue du "Cinema Novo", figurait sur une liste d'opposants devant être éliminés, révèle un document diffusé samedi par la Commission nationale de la Vérité qui enquête sur les crimes commis pendant la dictature (1964-1985).

Un rapport de l'armée de l'air brésilienne décrit Glauber Rocha (1939-1981) comme l'un des leaders de la gauche brésilienne et le plus actif en Europe pour mener des campagnes politiques contre le Brésil, rapporte samedi le site G1 de Globo.

Sur la première page du document est écrit à la main "mort", terme employé par les agents de la répression pour désigner les opposants au régime militaire qu'il fallait éliminer, affirme Nadine Borges, présidente de la Commission de la Vérité de Rio, citée par G1.

Cette instance, mise en place le 16 mai 2012 par la présidente Dilma Rousseff, 66 ans, une ancienne guérilléra torturée et emprisonnée sous la dictature, devrait conclure ses travaux en décembre.

Le Brésil, seul pays d'Amérique du Sud qui n'a jamais jugé les crimes de la dictature, en raison d'une loi d'amnistie, reconnaît officiellement quelque 400 morts et disparus lors de cette période, contre 30.000 morts en Argentine et plus de 3.200 au Chili.

Glauber Rocha est parti en exil en 1971 et est décédé de problèmes pulmonaires à Rio en 1981, à l'âge de 42 ans, après avoir été rapatrié de Lisbonne où il vivait.

Il est l'auteur de films comme "Dieu Noir et Diable Blond" (1963), candidat pour la Palme d'Or à Cannes, ou Terre en Transe (1967), Prix de la critique du Festival de Cannes.

Ses films contenaient une critique sociale féroce, alliée à une mise en scène qui voulait couper radicalement avec le style importé des Etats-Unis.

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