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RDC: un officier de l'armée jugé pour crimes contre l'humanité

15/08/2014 08:39 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT

Un officier supérieur de l'armée congolaise est jugé depuis le début de la semaine pour des crimes contre l'humanité qu'il aurait commis ou laissés faire entre 2005 et 2007 dans l'est de la République démocratique du Congo.

Le colonel Bedi Mobuli Engangela, qui en cours de carrière a déserté pour diriger une milice d'auto-défense Maï Maï, est poursuivi pour 14 chefs d'accusation, dont des crimes contre l'humanité qui auraient été perpétrés par lui-même ou par ses hommes.

"Viols, meurtres, pillages, etc", a énuméré vendredi à l'AFP le coordonnateur du Bureau conjoint des l'ONU aux droits de l'homme à Bukavu, Souleymane Coulibaly, qui précise que les exactions auraient été perpétrées à la fois lorsqu'il se trouvait dans l'armée que dans sa milice.

Le procès de l'accusé agé de 40 ans a commencé lundi à Kalehe, au Sud-Kivu, et pourrait durer quelques semaines. Il sera confronté à "au moins 700 victimes présumées", a indiqué M. Coulibaly. "Des mesures de protection des victimes sont assurées", ainsi les "victimes de viol seront auditionnées à huis-clos", a-t-il précisé.

Le colonel Mobuli Engangela encourt une peine d'au moins 20 ans de prison s'il est reconnu coupable. Si des dommages et intérêts devaient être payés, ils incomberaient à l'Etat congolais, partie prenante à ce procès car civilement responsable.

A l'origine, l'ancien officier devait être jugé en première instance à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu (Est), mais le procès a été délocalisé à Kalehe, à 75 kilomètres plus au nord, pour rapprocher la justice des plaignants.

En mai 2009, lors d'une visite en RDC, des membres du Conseil de sécurité de l'ONU avaient remis au gouvernement congolais une liste de cinq officiers supérieurs, dont le colonel Mobuli Engangela, accusés de "violence sexuelle, y compris de viols massifs et d'autres violations graves des droits de l'homme".

Le colonel était alors "accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité", selon un rapport du Haut-commissariat pour les droits de l'homme de l'ONU de juillet 2013.

L'officier est en prison depuis 2007. En avril 2013, il a été transféré de la prison de Kinshasa, où il était détenu pour des raisons de sécurité, à la prison de Bukavu, où il attendait son procès, d'après le Haut-commissariat.

mbb-hab

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