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Irak: des tribus sunnites prennent les armes contre les jihadistes

15/08/2014 12:20 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT

D'importantes tribus sunnites ont pris les armes vendredi dans l'ouest de l'Irak contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI), un groupe extrémiste sunnite, et les insurgés les soutenant, a-t-on appris auprès d'un leader tribal et d'officiers.

Ce soulèvement dans la province d'al-Anbar, où les insurgés sunnites contrôlent des secteurs importants, a été lancé au lendemain de la décision du Premier ministre sortant, Nouri al-Maliki, honni par la minorité arabe sunnite, de renoncer à un 3e mandat.

Cette province, frontalière de la Syrie, avait déjà vu en 2006 la naissance d'un soulèvement contre les insurgés extrémistes qui avait entraîné une réduction considérable des violences.

Ce nouveau mouvement de plus de 25 tribus sunnites locales pourrait marquer un tournant dans la guerre contre les jihadistes.

Depuis le 9 juin, l'EI s'est emparé de pans entiers du territoire au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad, rencontrant quasiment aucune résistance des forces armées. Des secteurs de Ramadi, chef-lieu d'al-Anbar, et toute la ville de Fallouja échappaient déjà au contrôle de l'Etat depuis janvier.

"Cette révolte populaire a été convenue par toutes les tribus souhaitant combattre l'EI qui a fait couler notre sang", a expliqué à l'AFP cheikh Abdeljabbar Abouricha, un des leaders du soulèvement.

Le général Ahmed Saddak, de la police d'al-Anbar, a fait état du soutien des forces de sécurité gouvernementales à ce soulèvement, déclenché à 06H00 locales (03H00 GMT) vendredi.

"Les combats se poursuivent", a-t-il assuré faisant état de 12 insurgés tués. "Nous n'arrêterons pas avant la libération d'al-Anbar", a-t-il ajouté.

Cette contre-offensive a commencé par des attaques sur plusieurs secteurs au nord-ouest de Ramadi, selon MM. Abouricha et Saddak.

Le colonel de police Ahmed Choufir a pour sa part indiqué que les Brigades Hamza, un groupe qui avait lutté par le passé contre les insurgés liés à Al-Qaïda, avait repris du service.

Ce groupe a pour mission de bouter les insurgés hors des secteurs qu'ils tiennent à l'ouest de Haditha, une autre ville de la province d'al-Anbar, selon lui.

M. Abouricha a révélé que l'opération était en préparation depuis plusieurs semaines, sans lien avec l'annonce du Premier ministre sortant.

M. Maliki était accusé d'avoir alimenté le chaos, surtout la montée en force des jihadistes sunnites, en menant une politique autoritaire excluant la minorité sunnite dans un pays majoritairement chiite.

Son départ devrait rendre la coopération des Arabes sunnites avec le Premier ministre désigné Haïdar al-Abadi plus acceptable et ouvrir la voie à la mise en place d'un gouvernement d'union.

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