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Coupe du monde dames - France - Ramos: "il fallait faire le deuil"

15/08/2014 09:08 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT

Christian Ramos, préparateur mental du XV de France dames, a souligné auprès de l'AFP la nécessité de "faire le deuil" de la demi-finale perdue contre le Canada en évacuant "les émotions négatives" pour se projeter au match contre l'Irlande, dimanche.

QUESTION: Vous travaillez depuis le début de la saison avec ce groupe. Comment cela se matérialise-t-il ?

REPONSE: "Je travaille avec chaque joueuse sur des thèmes qui reviennent généralement, autour de la motivation et la concentration. Je travaille aussi sur la dynamique de groupe, l'émergence des leaders, pour gagner en autonomie notamment dans les moments difficiles. Concrètement, sur le plan collectif, on a instauré une rencontre d'une heure et demie la veille des matches, en préparation de l'entraînement du capitaine, avec trois groupes de leaders. Puis ces groupes restituent leurs conclusions au grand groupe. On a également mis en place une réunion dans un esprit d'analyse, au lendemain des matches. Après le Canada (mercredi, défaite 18-16), il fallait faire le deuil du match perdu, pour le solder, avec l'objectif d'évacuer les émotions négatives. Il est important bien sûr de retenir aussi le positif. Par exemple, elles ont identifié leur capacité de revenir au score alors qu'elles venaient d'encaisser deux essais."

Q: Votre présence a-t-elle suscité des réticences ?

R: "On travaille sur l'adhésion et le principe de confiance réciproque. Il faut impliquer tout le monde. La première étape, c'est donc de prendre le temps de rencontrer toutes les filles individuellement pour présenter l'approche et générer un échange qui va permettre de vraiment comprendre ce qu'est la préparation mentale, sans rien imposer. A partir de là, le cheminement se met en route. C'est pour ça que la préparation mentale est intéressante sur une duréee assez longue et non dans l'urgence. L'idée, c'est de l'intégrer au niveau de l'apprentissage, dans la formation, pour que la préparation mentale devienne un outil au même titre que la technique et le physique."

Q: Y a-t-il des spécificités à travailler avec un groupe féminin ?

R: "Comme chaque individu est unique, l'approche mentale sera de toute façon tout le temps différente. Ensuite, si on veut un peu caricaturer, on peut dire que dans des groupes de filles, elles sont encore plus sensibles à l'équité. Elles sont aussi un peu plus dans la comparaison. Il faut en tenir compte. Mais dans la structure mentale, dans l'approche des compétitions, la démarche est la même quel que soit l'athlète et le sport."

Q: Le fait que le Mondial ait lieu en France a-t-il été un facteur de stress supplémentaire ?

R: "C'est un facteur que l'on avait anticipé. En étant dedans, elles ont pu percevoir ce que cela donnait réllement. Je reste convaincu qu'elles étaient claires par rapport à cela, elles avaient bien identifié que la médiatisation, l'engouement n'étaient qu'une conséquence dont elles détenaient les clés. Elles se sont mis un peu de pression durant le match contre le Canada mais qui était surtout liée à la qualité de l'adversaire, à ce qu'elles ont vécu sur le terrain."

Q: Sentez-vous justement que le groupe a réussi à surmonter la déception de la défaite ?

R: "Elles ont déjà affirmé leur volonté dès le coup de sifflet final mercredi. C'est déjà un grand pas. Après, il faut se donner les moyens. Donc, avant de se projeter sur le prochain match, il faut d'abord se servir de ce match passé, pas simplement au niveau de l'aspect technico-tactique mais aussi au niveau de leur ressenti. Ca a été un des thèmes de la journée de jeudi qui était fondamentale et à mon sens la plus importante. Aujourd'hui, elles sont pleinement rentrées dans la préparation du match de l'Irlande."

Propos recueillis par Jérémy MAROT

jmt/jgu

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