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Ukraine: les combats gagnent le coeur de Donetsk, 22 morts civils à Lougansk

14/08/2014 07:58 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

Donetsk et Lougansk, deux bastions séparatistes prorusses dans l'Est, étaient soumis à d'intenses combats jeudi, provoquant la mort de plusieurs dizaines de personnes, alors que l'Ukraine a envoyé sur place son propre convoi humanitaire en réponse à l'aide russe controversée.

A Donetsk, bastion des rebelles qui comptait un million d'habitants avant les hostilités, les combats ont gagné jeudi le coeur de la ville, a constaté une journaliste de l'AFP. D'intenses tirs à l'arme lourde ont touché jeudi plusieurs bâtiments dont le siège du parquet occupé par les insurgés et une université, provoquant la mort d'au moins deux personnes.

Le quartier a été quadrillé par des rebelles armés, qui ont indiqué que deux obus étaient tombés sur le siège de la police, également occupé par les insurgés, tandis que de fortes explosions retentissaient à intervalle régulier. Dans la nuit des tirs avaient déjà provoqué un mort et 11 blessés parmi les civils.

Dans la région de Donetsk où l'armée ukrainienne mène son offensive resserrant l'étau autour de la ville, 74 civils ont été tués en trois jours, selon l'administration régionale.

A Lougansk, autre bastion prorusse dans l'est du pays, 22 civils ont été tués après que des obus ont touché un bus, un magasin et plusieurs immeubles d'habitation.

L'armée ukrainienne avait précédemment indiqué qu'une offensive était en cours dans la partie orientale de Lougansk, et que des tirs avaient lieu sur son aérodrome. Elle a annoncé neuf soldats tués en 24 heures.

Le chef séparatiste de Lougansk, Valéri Bolotov, a de son côté indiqué à la télévision russe qu'il quittait ses fonctions "provisoirement" en raison "de blessures".

Lougansk se trouve en proie à de violents combats à l'arme lourde depuis des semaines et les autorités locales ont multiplié les appels au secours face à une situation "critique" alors qu'eau, électricité, communications et approvisionnement sont coupés et les accès de la ville fermés.

- Un 'piège' pour l'Ukraine -

L'Ukraine a envoyé jeudi un convoi composé de 75 camions transportant 800 tonnes de produits de première nécessité à destination des civils de Donetsk et Lougansk.

Cette annonce sonne comme une réponse au convoi humanitaire envoyé par la Russie mardi sous le même prétexte vers la frontière ukrainienne, et qui fait l'objet depuis plusieurs jours d'un bras de fer entre Kiev et Moscou sur les modalités de son acheminement.

L'Ukraine, comme de nombreux pays occidentaux, soupçonne que ce convoi parti mardi matin d'une base militaire des environs de Moscou ne serve de couverture à une intervention russe en Ukraine. Un scenario qualifié "d'absurde" par Moscou.

Après avoir initialement annoncé qu'elles empêcheraient le convoi russe d'entrer sur son territoire, les autorités ukrainiennes ont finalement proposé mercredi que l'aide soit acheminée puis distribuée par la Croix-Rouge au fief rebelle de Lougansk.

"Si l'Ukraine décide de bloquer l'entrée à cette aide, alors c'est un piège, à la suite de quoi débutera un conflit d'envergure (avec la Russie). Et alors, cette aide entrera d'une manière tout à fait différente: avec des prétendues forces de maintien de la paix et une escorte armée" russe, s'est justifié à la télévision le chef-adjoint de l'administration présidentielle ukrainienne Valeri Tchaly.

- Ne pas 'se couper du monde' -

Le convoi russe, chargé selon Moscou de plus de 1.800 tonnes d'aliments, de médicaments et de générateurs, est arrivé jeudi dans la région de Rostov-sur-le-Don, selon un responsable du ministère russe des Situations d'urgence.

Frontalière de l'Ukraine, la région de Rostov pourrait permettre aux quelques 300 camions russes de passer directement en territoire contrôlé par les insurgés.

En visite en Crimée, péninsule ukrainienne rattachée en mars à la Russie, le président Vladimir Poutine a estimé jeudi que la Russie ne devait pas "se couper du reste du monde", alors que ses relations avec l'Occident sont au plus bas en raison de la crise. Il a qualifié de "chaos sanglant" et de "conflit fratricide" les événements en Ukraine.

Le nombre de victimes dans l'est de l'Ukraine a doublé en quinze jours atteignant désormais 2.086 morts, selon l'ONU.

bur-pop/neo/pt

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