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Turquie: le président élu Erdogan se présente en champion des libertés

14/08/2014 07:29 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

Le président élu turc Recep Tayyip Erdogan a dressé un bilan particulièrement positif sur le plan des droits et libertés de ses 12 années passées au poste de Premier ministre, rejetant toute critique d'autoritarisme.

Dans un pays divisé sous son règne, M. Erdogan a solennellement promis néanmoins d'oeuvrer pour la "réconciliation sociale" en Turquie lors d'un discours prononcé au cours d'une réunion de son parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) à Ankara.

"Nous avons fait des réformes historiques pour que tous les citoyens (...) puissent, sans être inquiétés, exprimer librement leurs opinions, leur identité, leurs valeurs, leur culture et leur croyance", a-t-il insisté.

M. Erdogan, 60 ans, leader charismatique et agressif, a été élu dimanche lors d'un premier scrutin au suffrage universel nouveau président pour un mandat de cinq ans avec 51,8% des voix.

Le nouveau président turc a néanmoins réaffirmé son opposition aux réseaux sociaux, qu'il avait fait interdire en début d'année, l'assimilant à de la drogue.

"Je veux être très clair. Je ne m'exprime pas par le biais des réseaux sociaux. Je ne tweete pas car vous savez ce que cela provoque dans la société", a-t-il dit. Et d'ajouter: "Je les (réseaux sociaux) compare à un scalpel dans les mains d'un chirurgien et à un couteau dans ceux d'un assassin".

Les autorités turques avaient fait interdire en mars pendant plusieurs semaines le site de partage de vidéos Youtube et le site de microblogging Twitter afin d'enrayer la diffusion sur internet d'écoutes téléphoniques pirates mettant en cause M. Erdogan dans un vaste scandale de corruption.

C'est finalement la Cour constitutionnelle qui a jugé ces interdictions en infraction avec les droits et libertés des individus qui avait décidé de les débloquer.

L'homme fort du pays ambitionne; dans ce qu'il a baptisé la "nouvelle Turquie" dans sa campagne électorale, de renforcer les prérogatives de ce poste largement protocolaire afin de garder notamment le contrôle de l'exécutif, un projet dénoncé par ses détracteurs qui l'accusent de vouloir créer un régime présidentiel.

"C'est de la propagande noire", leur a répondu M. Erdogan, assurant qu'une fois qu'il aurait prêté serment, le 28 août, il deviendrait "le président de 77 millions de Turcs, sans distinction".

"J'en appelle à la conscience de ceux qui nous ont accusés (...) d'être un dictateur, d'être autoritaire. Inutile de les accepter comme des interlocuteurs", a affirmé le nouveau président turc qui s'est défendu de toute intervention de son régime islamo-conservateur dans la sphère privée des Turcs.

"Nous avons respecté le mode de vie de chacun", a insisté M. Erdogan dont le régime a été visé en été 2013 par une contestation populaire particulièrement de jeunes, violemment réprimée, visant son "autoritarisme" et sa "dérive islamiste" dans le pays très majoritairement musulman mais traditionnellement laïque.

BA/ros

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