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RDC: six membres d'une famille assassinés dans un village théâtre d'un récent massacre (ONU)

14/08/2014 07:59 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

Six personnes d'une même famille ont été assassinées dans un village de l'est de la République démocratique du Congo où un massacre ethnique début juin avait fait plus de 30 morts, a annoncé jeudi la Mission de l'ONU (Monusco).

"Cette nouvelle attaque contre six membres d'une même famille à Mutarule", dans la province instable du Sud-Kivu, mercredi, est intolérable et je condamne ce crime avec la plus forte énergie", déclare le chef de la Monusco, Martin Kobler, dans un communiqué.

Le communiqué précise que la Force de la Monusco, bras militaire de la Mission, "a tout de suite été mise en état d'alerte et participe, aux côtés de forces de sécurité congolaises, aux recherches visant à retrouver les assaillants, afin de les traduire en justice".

Mutarule est situé dans la plaine de la Ruzizi, tout près de la frontière avec le Burundi, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, province riche en minerais où sévissent des groupes armés locaux et étrangers.

Dans la nuit du 6 au 7 juin, selon des sources locales, au moins trente civils de l'ethnie Bafulero, majoritairement des femmes et des enfants, ont été assassinés à Mutarule. La plupart des victimes dormaient dans une église protestante après avoir participé à une assemblée générale de fidèles.

Pour l'ONU, Human Rights Watch et des sources locales, les auteurs de la tuerie appartenaient aux communautés rwandophones des Barundi et des Banyamulenge.

Début juillet, HRW a accusé l'armée congolaise et les Casques bleus d'avoir "laissé les civils de Mutarule se faire massacrer" alors qu'ils avaient "reçu des appels à l'aide désespérés dès le début de l'attaque" et qu'elles se trouvaient proche du théâtre des violences.

La Monusco, qui a reconnu une part de responsabilité, a "renforcé ses patrouilles afin de mieux protéger la population" mais "la paix est avant tout dans les mains des Congolais", poursuit M. Kobler, appelant les habitants de la Ruzizi à "éviter toute escalade".

Les Barundi et les Bafulero sont en conflit pour des raisons essentiellement foncières dans la Ruzizi depuis la période coloniale belge (1908-1960).

Minoritaires, les Barundi sont perçus par les Bafulero comme des étrangers. Le conflit intercommunautaire avait dégénéré de manière particulièrement violente et meurtrière en 2012.

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