DIVERTISSEMENT

L'OSM et 1500 choristes font trembler le Parc olympique avec «Carmina Burana»

14/08/2014 10:43 EDT | Actualisé 15/08/2014 12:04 EDT
Antoine Saito

On craignait que le ciel ne s’ouvre sur Montréal et gâche l’une des soirées les plus attendues de l’été, mais il n’en fut rien. Devant l’Esplanade Financière Sun Life du Parc olympique pleine à craquer, l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et 1500 choristes de partout au Québec ont offert une expérience musicale mémorable!

Peu avant 19 h 30, les chanteurs habillés en noir se sont entassés devant, derrière et de chaque côté de la scène, où les musiciens ont pris place. Une pluie d’étoiles dans les yeux, le sourire fier et le regard fébrile, ils annonçaient à leur façon le moment grandiose qui se préparait.

Au moment où maestro Kent Nagano a fait son entrée, les épais nuages grisâtres ont compris qu’il valait mieux ne pas traîner dans les parages. Lorsqu’il a levé sa baguette, trois chefs de choeur (Dina Gilbert, Richard Owen et Andrew Megill) l’ont imité, en suivant ses mouvements et son intensité.

Dès le coup d’envoi, une puissance vocale incomparable a traversé les spectateurs, en les ébranlant dans les moindres parcelles de leur être. La force du chœur était si grande que les musiciens de l’OSM ont été relégués dans l’ombre bien malgré eux, au cours de la première partie.

Peu après, l’arrivée du printemps et le renouveau de la nature ont résonné jusqu’à nos oreilles. Doux et langoureux, ce passage a malheureusement laissé entendre les faiblesses de l’acoustique en plein air, qui a bien peu rendu justice aux flûtes, clarinettes et hautbois dans les portions de groupe.

Alors qu’on imaginait des amoureux déambulant dans la nature le pas léger, le baryton Trevor Scheunemann a offert une interprétation puissante et touchante, même si sa voix était mise un peu trop à l’avant-plan et que son micro captait le bruit du vent de plus en plus présent.

Peu à peu, les musiciens ont pris la place qu’ils méritent. De talentueux accompagnateurs, ils ont retrouvé le haut de l’affiche sans faire de l’ombre à leurs valeureux invités.

Dans un passage qui se déroulait dans une taverne – selon les explications de Marc Hervieux, qui est venu vulgariser les portions chantées en latin, en allemand et en provençal – Schaunemann a chanté la hargne d’un homme en colère avec brio. Est ensuite venu le ténor Antonio Figueroa, qui personnifiait un cygne sur le point d’être mangé. Crédible dans son désarroi, il peinait cependant à livrer une partition exigeante dans les aigus. Un défi de souplesse vocale très relevé, alors que la température ambiante ne cessait de baisser.

Lorsque la section finale a pris son envol, la soprano Aline Kutan y est allée d’une berceuse amoureuse et enchanteresse, alors que le baryton butait à son tour sur les passages en voix de tête et de passage.

Peu importe, la conclusion a pris une ampleur impériale. Les musiciens et les chanteurs ont réuni leur fougue, leur puissance et leur intensité. Carmina Burana nous a fait oublier nos corps congelés, nous transportant quelque part entre ciel et terre, et nous laissant avec l’impression d’avoir fait partie des chanceux qui pourront dire « j’étais là ».

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