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La Turquie offre un sanctuaire pour 2.000 Yazidis irakiens

14/08/2014 07:10 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

La Turquie a accueilli environ 2.000 Yazidis d'Irak chassés par les jihadistes de leurs villes du nord de l'Irak, ont indiqué jeudi les autorités.

La plupart des déplacés, 1.600 environ, sont hébergés dans un campement de toile situé dans la ville de Silopi (sud-est) et proche de la frontière irakienne, a constaté un photographe de l'AFP.

Les réfugiés bénéficient de trois repas par jour et subissent des examens médicaux dans ce camps où les enfants ont retrouvé à peu près une vie normale et le plaisir des jeux.

Mais de nombreux réfugiés de cette minorité d'Irak ont soit perdu un proche, soit dû laisser derrière eux des enfants car ils n'avaient pas de passeports, ont-t-il expliqué à l'AFP.

Les autorités turques ne laissent entrer que des déplacés munis d'un passeport, ce qui a provoqué des séparations dans les familles.

Mais le vice Premier ministre turc Besir Atalay a assuré que la Turquie s'efforçait d'agrandir ses capacités d'accueil. "Il est encore possible pour les gens de venir en Turquie", a-t-il dit aux journalistes à Ankara.

Jeudi, lors d'une réunion de son parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, le président élu et Premier ministre islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a insisté que son pays "est le seul à avoir ouvert ses portes aux Yazidis".

La Turquie projette de construire une ville de tentes pour 16.000 personnes sur le sol irakien, tout près de la frontière commune, près de la ville kurde de Zakho, a indiqué à l'AFP un responsable de l'organisme des situations d'urgence (Afad).

La Turquie préfère ne pas accueillir sur son sol ces nouveaux réfugiés car elle abrite déjà plus de 1,2 millions de réfugiés syriens qui ont fui la guerre civile dans leur pays et leur présence génère régulièrement des conflits sociaux avec la population locale.

Il y a près de deux semaines, les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont attaqué les villages yazidis autour de Sinjar, dans le nord de l'Irak, poussant à la fuite des dizaines de milliers de personnes. Ceux qui n'ont pas réussi à s'échapper ont été massacrés.

Aucune communauté n'a été épargnée par la cruauté des jihadistes de l'EI qui se sont emparés depuis le 9 juin de pans entiers du territoire irakien, laissant aux populations le choix entre l'obéissance, la conversion ou la mort.

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