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Irak: le siège des monts Sinjar, refuge des Yazidis, brisé selon Obama

14/08/2014 01:44 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

Le président Barack Obama a annoncé jeudi que les frappes aériennes américaines contre les jihadistes avaient brisé le siège des monts Sinjar, dans le nord de l'Irak, où s'étaient réfugiés des milliers de Yazidis.

Dans le même temps, la communauté internationale intensifiait ses efforts pour fournir de l'aide humanitaire aux personnes déplacées par l'offensive des combattants de l'Etat islamique (EI) dans le nord-ouest du pays ainsi que des armes et du matériel aux forces kurdes qui luttent contre eux.

"La situation dans les montagnes s'est beaucoup améliorée et (...) nous avons brisé le siège de l'EI dans les monts Sinjar et avons sauvé beaucoup de vies innocentes", s'est réjoui M. Obama, tout en précisant que l'armée américaine allait poursuivre ses frappes aériennes contre les jihadistes dans le nord, débutées le 8 août.

"Nous ne nous attendons pas à devoir mener des opérations supplémentaires pour évacuer ces gens des montagnes, et il est peu probable que nous devions poursuivre les largages d'aide humanitaire au-dessus des montagnes", a-t-il souligné.

Le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés avait estimé il y a quelques jours à plusieurs dizaines de milliers le nombre de déplacés, en majorité de la minorité kurdophone et non musulmane des Yazidis, pris au piège sans vivres et sans eau dans les montagnes de Sinjar, après avoir été chassés de chez eux par les jihadistes.

Mais l'incertitude demeure sur le nombre de personnes encore dans les monts Sinjar, Washington ayant affirmé mercredi à la suite d'une mission de reconnaissance que les déplacés étaient "beaucoup moins nombreux" et vivaient dans "de meilleures conditions" qu'attendu.

Depuis quelques jours, plusieurs milliers de Yazidis ont en effet réussi à quitter la montagne, a expliqué le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

- 48.000 litres d'eau -

Des centaines de milliers de personnes ont été jetées sur les routes par l'offensive fulgurante lancée le 9 juin par l'EI qui s'est emparé de pans entiers du territoire au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad.

Depuis une dizaine de jours, les jihadistes ont avancé vers le Kurdistan autonome chassant des dizaines de milliers de membres des minorités chrétienne et yazidie de leurs villes, à Sinjar et Qaraqosh notamment, tombées aux mains de l'EI. Les forces kurdes dépassées tentent de les freiner.

A Dohuk, au Kurdistan autonome où nombre d'entre eux ont trouvé refuge après avoir fui via la Syrie, les déplacés très affaiblis témoignent de l'horreur survenue dans leurs villages à l'arrivée des jihadistes, qui ont pourchassé les Yazidis dans les rues, abattant des jeunes hommes et enlevant les femmes.

"Ils disaient aux gens que soit ils rejoignaient l'islam -- leur islam -- soit ils allaient mourir", raconte Hamid Kurdo, précisant qu'on leur avait donné 72 heures pour choisir.

Pour leur venir en aide, le Royaume-Uni a livré plus de 48.000 litres d'eau potable, plus d'un millier de lampes marchant à l'énergie solaire ainsi qu'un millier d'abris visant à se protéger de la chaleur.

Parallèlement à l'aide humanitaire, les Occidentaux ont décidé d'envoyer des armes aux forces kurdes.

Après les Etats-Unis, la France a annoncé qu'elle leur livrerait des "armes sophistiquées" dans les prochaines heures, et Londres a dit qu'elle acheminerait celles de pays tiers.

Berlin va envoyer vendredi à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, quatre appareils Transall chargés de 36 tonnes de ravitaillement et de matériel médical, selon l'agence DPA.

L'Union européenne doit tenir vendredi à Bruxelles une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères.

Sur le plan politique, le Premier ministre désigné Haïdar al-Abadi, qui a obtenu un soutien international massif, doit désormais former un gouvernement d'union appelé à rassembler toutes les forces politiques dans un pays miné par les divisions. Il a jusqu'au 9 ou 10 septembre pour le faire.

Mais le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki, même s'il a été lâché par ses alliés iranien et américain et des membres de son bloc chiite, auquel appartient M. Abadi, s'accroche à son poste.

M. Maliki ne cesse de répéter qu'il a la légitimité pour un 3e mandat, après l'arrivée en tête de sa coalition aux législatives d'avril. Mais ses détracteurs imputent le chaos dans le pays à sa politique d'exclusion des sunnites et son autoritarisme pendant ses huit années au pouvoir.

C'est cette marginalisation de la minorité sunnite dans un pays majoritairement chiite qui a favorisé selon eux l'offensive des jihadistes sunnites.

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