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Interpellation de reporters à Ferguson (USA): la presse scandalisée

14/08/2014 01:14 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

"Atteinte à la liberté de la presse", arrestations "illégales", "Bagdad USA": la presse américaine n'avait pas de mots assez forts jeudi pour dénoncer le climat de guerre et les interpellations musclées de journalistes pendant les émeutes de Ferguson (Missouri, centre).

La brève arrestation de Wesley Lowery, journaliste du Washington Post couvrant les émeutes qui touchent cette ville du Missouri depuis la mort samedi d'un jeune Noir tué par un policier, est "une atteinte à la liberté de la presse", s'insurge le rédacteur en chef du quotidien Martin Baron dénonçant une "conduite inqualifiable".

Le jeune journaliste lui-même publie le témoignage de son arrestation dans un McDonald's voisin du théâtre des manifestations, où il travaillait.

Saisi par plusieurs policiers, il répète: "Mes mains sont derrière le dos, je ne résiste pas, je ne résiste pas (à l'arrestation). Un policier dit: +Vous résistez, arrêtez de résister+. C'est là où j'ai eu le plus peur, plus que pendant les gaz lacrymogènes ou les balles en caoutchouc", écrit-il.

Ryan Reilly du Huffington Post, également présent, a été lui aussi interpellé, conduit au poste et relâché sans explications.

"Bagdad USA" titrait jeudi cet organe de presse en racontant aussi l'intrusion musclée, les bousculades et l'agressivité des policiers surarmés dans le restaurant.

"Ryan, qui a été de nombreuses fois au camp militaire de Guantanamo, dit que les policiers ressemblaient plus à des soldats qu'à des policiers et traitaient les personnes présentes comme des +combattants ennemis+", écrit le chef du bureau de Washington du Huffington Post, Ryan Grim. "La militarisation de la police (...) est en train d'affecter la liberté de la presse", poursuit-il.

Le journaliste d'Al Jazeera America, Ash-Har Quraishi, a lui aussi dû précipitamment s'enfuir de son plateau de rue, pourtant relativement éloigné des manifestations, à cause de tirs de gaz lacrymogènes. "On a crié qu'on était journalistes, mais ils ont continué à tirer", raconte-t-il.

La chaîne, qui demande une enquête, a estimé dans un communiqué que cette agression "contre la liberté de la presse était clairement menée pour nous empêcher de couvrir cette affaire importante".

Pour la Fondation Liberté de la Presse, ces arrestations "sont une violation du Premier Amendement (liberté de la presse) et les tentatives pour qu'ils ne filment plus et leur agression par des policiers, sont totalement illégales".

Les arrestations avaient immédiatement été répercutées et dénoncées par les réseaux sociaux, comme les scènes de tirs de gaz. Plusieurs internautes s'amusaient ainsi à comparer des photos de soldats en Irak et de policiers lourdement armés à Ferguson, étonnamment identiques.

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